Dans l'attente du débarquement sur l'île d'Anjouan
La grand'rue de Mutsamudu, la capitale de l’île d’Anjouan est calme. Rien ne semble annoncer un débarquement militaire. La vie continue, presque comme si de rien n’était. Et pourtant ce samedi, le gouvernement de l’Union des Comores a rejeté la proposition de l’homme fort d’Anjouan, le colonel Bacar, de faire de l’Union des Comores une confédération octroyant plus d’autonomie aux trois îles de l’archipel.
« Toutes les boutiques, tous les bureaux administratifs sont ouverts », fait remarquer un homme qui se promène dans la grand'rue de la ville, rencontré par Franck Berruyer, envoyé spécial de FRANCE 24. Il ajoute : « il n’y aura jamais de débarquement ».
Les partisans de Mohamed Bacar gardent le sourire et affirment que la situation est normale dans l’île rebelle des Comores. « Ici, je resterai jusqu’à la mort », affirme un homme qui se dit prêt à tout pour défendre « le président Bacar », assurant qu’ils sont de nombreux partisans du Président tels que lui sur l’île.
L’Union africaine (UA) a décidé de soutenir une opération militaire du gouvernement de l’Union pour démettre le colonel Bacar, dont la réélection en juillet 2007 n’est pas reconnue par l’Union des Comores, ni par l’UA.
Sur l’île d’Anjouan, nombreux sont ceux sur le marché de la capitale qui dénoncent les méthodes de Mohamed Bacar. Mais ils n’acceptent pas de montrer leurs visages. Ils craignent les représailles. Un homme, témoignant de dos, explique : « nous avons un problème de liberté. On n’a pas le droit de discuter. »