communiqué RTA:LA RÉALITÉ SUR LA NOUVELLE CRISE COMORIENNE

Publié le par achaha

Le Président Sambi a réussi, avec une campagne médiatique, à masquer sa véritable responsabilité dans la crise actuelle. N'est-ce pas lui qui a fait modifier à son profit la loi sur le code électoral pour ce qui relève de la convocation du collège électoral en lieu et place des Exécutifs des îles ? Sa plus grosse faute fut de violer l'article 80 qui prévoit que les élections devaient avoir lieu dans le territoire national le même jour.

L'Union Africaine a, elle aussi, commis une erreur monumentale en refusant de remettre en cause le report abusif de scrutin à Anjouan et son maintien dans les deux îles. En Afrique, on dit que celui qui a accès au Chef a accès au Pouvoir. Le Gouvernement de l'Union participe aux rencontres de l'union Africaine et aucune entité insulaire n'est associée, ce qui amène l'Institution africaine à n'entendre qu'un seul son de cloche.

Anjouan n'a personne pour parler en son nom dans ces rencontres, ce qui explique la position unilatérale prise par le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine pour sanctionner l'île d'Anjouan et soutenir l'attitude belliqueuse du Président Sambi.

La position réservée de l'Afrique du Sud quant au règlement de la crise par une intervention militaire, témoigne de sa part une meilleure connaissance des réalités qui prévalent aux Comores. N'est-ce pas le Président Thabo Mbéki qui réussi avec brio à dénouer le conflit des compétences ayant abouti à l'Accord du 22 décembre 2003 à Moroni ?

Aujourd'hui, quelles que soient les reproches que l'on peut faire aux Anjouanais d'avoir abandonné la sécession intégrale pour s'accrocher au principe d'une large autonomie, cette crise, en soi, ne justifie pas un bain de sang entre Comoriens. En politique, quelles que soient les difficultés, on doit dialoguer.

Les Comores ne sont pas le seul pays en crise depuis plusieurs années. Le Congo de Kabila, pays riche dont les ressources sont convoitées, connaît des rebellions armées, pourtant la Communauté internationale a privilégié les tables rondes pour dénouer la crise pour le bien des Congolais.

Pourquoi donc le Président Sambi refuse de réorganiser des élections dans les trois îles conformément à la loi électorale qu'il a lui-même, de son propre chef, initiée. Il peut crier à la fraude pour le scrutin organisé à Anjouan après avoir incité les autres
candidats à le boycotter et après avoir demandé à la Force Africaine, qui aurait pu assurer la supervision des élections, de quitter l'île. Cette crise est donc voulue par le Président Sambi qui, ne pouvant atteindre ses objectifs, a décidé de pratiquer la politique de la terre brûlée.

Parce qu'il veut placer à la tête d'Anjouan un béni-oui-oui, une marionnette qui favorisera le retour de la défunte République Fédérale Islamique des Comores qui n'avait de fédérale que le nom, afin de pouvoir mettre en place son véritable programme de reconquête sociale et politique du pays, le Président de l'Union des Comores a décidé, contre vents et marées, de mettre au pas les Autorités d'Anjouan.

Anjouan connaît les véritables intentions du Président Sambi. Celui qui a exercé un prosélytisme politique durant plus de 20 ans avec des conférences enregistrées, des cassettes qui circulent même à Mayotte pourtant sous administration française ne renonce pas à sa mission sur les Comores.

A la Grande-Comore, on ne comprend pas que des personnes d'origine anjouanaise ayant exercé des Hautes fonctions politiques nationales et qui combattaient les idées séparatistes en 1997 ont dû pactiser avec le Président Bacar pour freiner la marche des Comores vers la dictature des Mollah.

En effet, le Président Sambi est conscient qu'il ne faut pas brusquer les étapes qui peuvent faire comprendre là où il veut conduire les Comores. Même s'il a mis en place en grande-Comore une Fondation IMAM KHOMEINY, il sollicite de la part de ses amis iraniens beaucoup de discrétion dans leur souhait d'exporter leur doctrine chiite aux Comores.

La Communauté internationale doit appuyer les indispensables efforts de réconciliation nationale en lieu et place d'une intervention militaire qui laissera dans ces îles paisibles des blessures qui resteront longtemps ouvertes.

Si l'Union Africaine applique la formule de guerre pour résoudre une controverse électorale, il exporterait la guerre dans beaucoup de contrées de ce monde.


Mbouyoujou, le 16 mars 2008
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