Crise à Anjouan: les premières troupes de l'UA se déploient à Mohéli

Publié le par achaha

FONBONI (AFP) — Attendus depuis plusieurs semaines, les premiers militaires mandatés par l'Union africaine (UA) ont commencé à se déployer jeudi sur l'île comorienne de Mohéli en prévision d'une attaque amphibie sur l'île voisine d'Anjouan, dont les autorités défient le gouvernement.

Ce corps expéditionnaire africain doit participer à l'opération contre le colonel Mohamed Bacar, président illégal d'Anjouan, dont l'élection en juin 2007 n'a été reconnue ni par l'Union des Comores, ni par l'UA.

Ces premiers soldats, selon des sources militaires comoriennes, sont soudanais (200) et tanzaniens (150). Le Sénégal, avec 120 commandos de marine, et la Libye apportent également un soutien militaire et logistique à l'intervention.

Le bateau des premiers militaires, en provenance de Moroni, la capitale férédale des Comores, est arrivé à l'aube au port de Fomboni où l'attendaient des officiers de l'état-major de l'armée nationale de développement (AND) ainsi que des véhicules.

"Ce sont des amis qui arrivent pour nous aider. Ca va accélérer les choses maintenant pour l'opération sur Anjouan", explique tout sourire à l'AFP le lieutenant-colonel Ahmed Bastoi, de l'état-major comorien.

A bord du Shissiwani II, une sorte de ferry transformé en transport de troupes pour l'occasion, les soldats étaient impatients de toucher terre après plus de six heures de mer.

Les militaires soudanais, des parachutistes, sont les premiers à débarquer avec tout leur équipement: mortiers, fusils-mitrailleurs, lance-roquettes, mais aussi tentes, nourriture et marmites remplies de munitions.

Le béret rouge portant l'emblème doré des ailes déployées des parachutistes vissé sur la tête, la Kalachnikov en bandoulière, ces soldats font impression sur les Comoriens avec lesquels ils échangent quelques politesses en arabe.

"Nous sommes contents d'être ici, nous sommes bien, il n'y a pas de problème. Les Comoriens sont nos frères musulmans et nous sommes fiers d'être là pour les aider. Nous sommes prêts", confie à l'AFP Yahyah Abdallah, commandant de la compagnie parachutiste soudanaise.

"C'est notre première opération extérieure mais nous sommes aguerris, nous avons participé à des opérations chez nous", ajoute-t-il soulignant en arabe que cette opération "est bien pour l'Afrique".

Après plus d'une heure et demie de déchargement, les militaires soudanais embarquent dans les camions en direction des camp préparés par l'AND dans plusieurs endroits de l'île.

Les Tanzaniens entament à leur tour le déchargement: mieux organisés ils font la chaîne pour transporter vivres, paqutages et l'armement.

"Bientôt on va pouvoir enfin aller à Anjouan et règler cette histoire", estime un lieutenant comorien. "Nous avons trop attendu pour faire plaisir à la communauté internationale et attendre ces troupes africaines, mais maintenant il faut que ça se fasse", dit-il, traduisant l'impatience générale.

Plus de mille soldats africains au total sont attendus prochainement à Mohéli pour soutenir les quelque 400 militaires comoriens déjà cantonnés sur l'île depuis presque deux mois.

Mercredi, le ministre comorien de la Défense, Mohamed Bacar Dossar, avait indiqué que "plusieurs rotations" de bateau devaient acheminer les militaires africains à Mohéli.

L'UA a décidé de soutenir militairement une opération du gouvernement de l'Union des Comores pour démettre M. Bacar, président d'Anjouan depuis mars 2002

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