Comores: troupes de l'UA en route vers Anjouan, les forces de Bacar "prêtes"

Publié le par achaha

Deux navires chargés de troupes mandatées par l'Union africaine pour une opération du gouvernement comorien contre Anjouan ont pris la direction lundi de cette île, où les autorités jugées illégales se sont dites "prêtes" à affronter ce débarquement imminent.

 

Ces deux navires, avec à leur bord environ 200 soldats, ont quitté dans la nuit de dimanche à lundi le port de Fomboni, capitale de l'île comorienne de Mohéli où les contingents africains sont cantonnés, a-t-on appris de sources portuaires.

 

Trois autres navires avec à leur bord des soldats tanzaniens et soudanais s'apprêtaient également lundi matin à appareiller de Fomboni, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

L'Union africaine (UA) a décidé de soutenir militairement une opération du gouvernement de l'Union des Comores pour démettre le colonel Mohamed Bacar, président de l'île d'Anjouan depuis mars 2002, mais dont la réélection en juin 2007 n'a été reconnue ni par l'Union des Comores, ni par l'UA.

 

Depuis, l'homme fort d'Anjouan refuse d'organiser un nouveau scrutin et semble vouloir se maintenir au pouvoir à tout prix.

 

Plus de 1.000 soldats tanzaniens et soudanais doivent appuyer quelque 400 soldats de l'Armée nationale de développement (AND) comorienne dans le cadre de cette opération amphibie, baptisée "Démocratie aux Comores".

 

L'opération, également soutenue par la France qui a transporté des troupes africaines jusqu'aux Comores, a été préparée après des mois de médiation notamment de l'UA qui s'étaient avérées vaines, conduisant à l'exaspération de l'Etat fédéral comorien.

 

Réagissant lundi au lancement de cette opération, le ministre anjouanais de la Coopération, Mohamed Abdou Madi, l'un des adjoints de M. Bacar, a affirmé que ses forces étaient "prêtes" à affronter les troupes de l'UA et l'armée comorienne.

 

"Nous avons appris le mouvement des troupes de l'UA et des soldats du président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi par la radio. Maintenant on attend", a réagi le ministre auprès de l'AFP à Mutsamudu, capitale d'Anjouan, où la situation était calme lundi à la mi-journée.

 

"Nous avons mis en place la stratégie de ceux qui sont les plus faibles. Ils ont décidé de tuer mais ça ne nous bloque pas. On s'est déjà organisé. Nos éléments sont prêts et ça va marcher", a-t-il ajouté.

 

"Ils n'ont qu'à faire leur bain de sang puisqu'ils ont décidé ainsi", a-t-il en outre lancé.

 

Aucune tension n'était perceptible lundi à la mi-journée à Mutsamudu. Les commerces étaient ouverts comme à l'accoutumée et les pêcheurs ont pris la mer comme chaque jour, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

Jeudi, le colonel Bacar s'était dit "inquiet" mais toujours "déterminé" après l'arrivée de plusieurs centaines de soldats de l'UA la semaine dernière à Mohéli.

 

"Je suis toujours déterminé à défendre Anjouan, même si cela m'inquiète que des gens soient prêts à venir tirer sur les Anjouanais", avait-il affirmé à l'AFP.

 

L'armée comorienne comprend 1.060 hommes (gendarmes et militaires), dont environ 400 se trouvent à Mohéli, point de départ de l'opération. M. Bacar dispose d'environ 300 hommes.

 

L'opération commune de l'armée comorienne et des contingents de l'UA devrait compter 1.800 soldats, selon le ministre tanzanien des Affaires étrangères Bernard Membe.

 

L'Union des Comores est secouée depuis des années par des conflits de compétence entre les trois îles de cet archipel pauvre de l'océan Indien (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli), dotées chacune de ses propres institutions, et l'Etat fédéral.

 

Anjouan avait fait sécession en 1997, avant de rentrer dans le giron des Comores fin 2001.

 

Deux navires chargés de troupes mandatées par l'Union africaine ont quitté dans la nuit de dimanche à lundi le port de Fomboni dans la perspective d'une opération du gouvernement comorien contre le président de l'île d'Anjouan, a-t-on appris de sources portuaires.

 

Les militaires tanzaniens et soudanais, plus de 1.000 au total, sont mandatés par l'Union africaine (UA) pour appuyer quelque 400 soldats de l'Armée nationale de développement (AND) comorienne qui prépare une opération amphibie contre les autorités jugées illégales du colonel Mohamed Bacar, président d'Anjouan depuis mars 2002.

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