Anjouan: combats dans la ville de Ouani
OUANI (Comores) - Des combats à l'arme lourde opposaient mardi matin les forces du président de l'île comorienne d'Anjouan aux troupes mandatées par l'Union africaine dans la localité de Ouani, où se trouvent la présidence et l'aéroport de l'île, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des explosions d'obus et des rafales d'armes automatiques étaient entendues dans la ville, située à environ trois kilomètres de la capitale Mutsamudu.
Un navire de transport de troupes du gouvernement fédéral comorien tirait également sur la ville, d'où une épaisse fumée noire s'élevait.
Des forces loyales au président d'Anjouan Mohamed Bacar étaient déployées sur la route reliant Ouani à la capitale.
Des soldats de l'armée fédérale comorienne, croisés par un journaliste de l'AFP dans la zone des combats, ont affirmé avoir débarqué à Ouani avec des troupes tanzaniennes mandatées par l'Union africaine (UA) pour participer à l'opération "Démocratie aux Comores" visant à chasser le colonel Bacar.
Des tirs d'armes lourdes ont retenti mardi avant l'aube autour de Mutsamudu devant laquelle deux navires civils transformés en transport de troupes par l'armée nationale de développement (AND) attendaient de débarquer des soldats.
Le président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, a donné son feu vert à l'intervention militaire visant à renverser les autorités jugées illégales de l'île d'Anjouan qui se sont dites "déterminées" à se défendre.
Plus de 1.000 soldats tanzaniens et soudanais doivent appuyer quelque 400 soldats de l'AND dans le cadre de cette opération amphibie. Les navires ont quitté l'île de Mohéli, la plus proche d'Anjouan, dans la nuit de dimanche à lundi chargés de troupes et de matériel.
L'opération, également soutenue par la France qui a transporté des troupes africaines jusqu'aux Comores, a été préparée après des mois de médiation notamment de l'UA qui s'étaient avérées vaines, conduisant à l'exaspération de l'Etat fédéral comorien.
Le gouvernement de l'Union des Comores a décidé de lancer une opération pour chasser du pouvoir le colonel Bacar, président d'Anjouan depuis 2002, mais dont il n'a pas reconnu l'élection en juin 2007.
L'UA, qui n'a pas non plus reconnu le scrutin à Anjouan, a décidé de soutenir l'Union des Comores.
Depuis, l'homme fort d'Anjouan refuse d'organiser un nouveau scrutin et semble vouloir se maintenir au pouvoir à tout prix.
(©AFP / 25 mars 2008 06h38)