Les Comores ont lancé une intervention militaire contre l'île d'Anjouan
La veille au soir, le président comorien avait autorisé son armée, appuyée par l'Union africaine, à lancer un assaut contre Anjouan. "J'ai donné l'ordre à l'armée nationale de se joindre aux forces de l'Union africaine pour rétablir la légalité républicaine à Anjouan", a dit le président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi dans un discours retransmis en direct.
Soutenu par l'Union africaine (UA), le gouvernement central du président Sambi menaçait depuis plusieurs semaines de lancer cette opération contre les séparatistes d'Anjouan dirigés par le colonel Mohamed Bacar, qui s'est emparé du pouvoir sur la petite île à la suite d'une élection en juin 2007 jugée illégale par l'UA.
Lundi, dans la journée, les autorités des Comores avaient largué sur Anjouan des tracts appelant les habitants à rester chez eux en raison de l'imminence d'un assaut. Sur les tracts rédigés en français et signés par l'armée comorienne, on peut lire : "La population est appelée à s'éloigner des zones côtières. L'armée aura recours à toute la puissance de feu dont elle dispose."
FORTES RIVALITÉS ENTRE LES ÎLES DE L'ARCHIPEL
En plus d'avoir pris le pouvoir illégalement, le chef de l'Etat comorien accuse M. Bacar et ses lieutenants de visées sécessionistes ainsi que de viols, de tortures, d'emprisonnements arbitraires et de déplacement de populations. Il a exhorté les centaines d'hommes composant la milice du colonel Bacar à se rendre, ajoutant que s'ils faisaient usage de leurs armes, il les tiendrait pour responsables des conséquences. "Vous avez détruit l'avenir du pays. Si vous fuyez, nous vous chercherons partout et nous vous trouverons afin de vous juger", a-t-il menacé.
Le président comorien bénéficie d'un important soutien dans l'archipel et au sein de l'UA. En revanche, l'Afrique du Sud a fait part de ses réserves sur une intervention armée, jugeant préférable une solution négociée. Dans l'archipel même, le parti de l'ancien président Azali Assoumani s'est aussi interrogé sur l'opportunité d'une opération militaire, parlant d'"une guerre fratricide dont les motifs ne sont pas convaincants".
L'archipel des Comores a connu une vingtaine de coups d'Etat ou tentatives de coups de force depuis qu'il est devenu indépendant de la France, en 1975, et de fortes rivalités s'observent entre les trois îles qui le composent.