TRIBUNE LIBRE: Quand la passion fait place à la réflexion ou à la tolérance, tout est à craindre
Tout d'abord j'avoue ici que je reste toujours sur mes positions notamment celles d'antidébarquement même si aujourd'hui, certains que nous étions dans la même logique ont vite tourné la veste pour applaudir Sambi et ces militaires.
En regardant cette image du président Sambi au lendemain de ce débarquement, on voit déja qu'il est perdu dans sa logique. Maintenant que les Forces de l'Union africaine ont réussi à chasser le colonel Bacar et s'entraîner pour d'autres missions en Afrique et je compte les voir réaliser, il faut immédiatement regarder la vérité en face. Que Bacar soit attrapé ou pas, le problème n'est pas là. Il faut avoir le courage de mettre la main sur le séparatisme et les séparatistes en général. Et ces derniers sont dans leur grande majorité aux côtés du maître de Beit Salam. Avant le colonel dictateur déchu, il y avait aussi chez les séparatistes devenus '' unionistes'' aujourd'hui des actes de mal veillance. Les tortures, les viols, les emprisonnements illicites et les détournements de fonds publics ont brillé depuis août 1997 à Anjouan. Les maîtres de ces exactions sont sur place à Moroni entrain de jouer le jeu devant Sambi.
Lorsque le séparatisme a éclaté, Mohamed Bacar n'était qu'un simple officier de la gendarmerie. Les vrais coupables sont là et Sambi doit les juger car ils sont tous responsables de ce mal qui a rongé le pays pendant dix ans. Pourtant et cela n'engage que moi, je doute de la sincérité de Sambi d'aller au bout de cette logique dans la mesure où, en septembre 1997, lorsque le feu président TAKI a décidé de débarquer à Anjouan, il était seul à s'y opposer et à soutenir du bout des lèvres le séparatisme anjouanais. Comme l'histoire n'est pas une force de vitesse, nous avons tous vu le président Sambi alors à l'époque député de Mutsamudu, quitté son mandat pour aller lui aussi '' profiter des fruits'' du séparatisme. Comment Sambi peut-il prétendre juger Bacar et ses acolytes et en ayant à ses côtés les fondateurs du séparatismes tels que Mohamed Nafion, Ibrahim Abdallah Ibrahim, Antoy Abdou, le LT colonel Abdou Rakib, Said Ali Daoud, récemment secrétaire général du gouvernement Bacar, et la liste est loin d'être exhaustive.
Au risque de m'attirer les foudres de certaines bonnes âmes, je me permets ici et sans état d'âme de dire que le séparatisme sera toujours utilisé à Anjouan non pas comme idéologie politique de gestion ou pour l'émergence d'un pays, mais comme un tremplin pour accéder à une portion de pouvoir. Cette thèse est incontestable car nous avons vu des anciens premiers ministres de notre pays se ranger aux côtés de Bacar alors qu'ils se réclamaient '' unionistes'' et des séparatistes se ranger aux côtés de Sambi pour leurs interêts. C'est exactement ce qui va arriver demain lorsque Sambi s'apprêtera à quitter Beit Salam.
Je comprends parfaitement les calculs politico-politiciens du Dr Sambi quant à son honnêtété de vouloir protèger les séparatistes d'hier, qui, tout au long de leur règne à Anjouan avec ou sans Bacar, lui ont facilité la tâche pour devenir ce qu'il est aujourd'hui, mais je lui prie de ne pas mélanger les choses et surtout sortir de son paranoia c'est-à dire au lieu de s'attaquer aux vrais problèmes, il ne voit que des enemis partout.
Je rappelle ici au président Sambi d'expliquer aux comoriens ce qu'il a fait avec les aides qu'il a reçues même si nous savons aujourd'hui que la thèse qui sera avancée, '' tout est utilisé pour le débarquement''.
Que les choses soient claires maintenant que '' l'ordre constitutionnel'' soit établi à Anjouan.
DJAMAL
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