Mohamed Bacar: ses compagnons militaires sont allés deposer leurs armes à la gendarmerie.

Publié le par achaha

MORONI (AFP) - Plusieurs centaines de personnes ont manifesté leur colère jeudi aux Comores et à Mayotte après la fuite dans cette île française de Mohamed Bacar, ex-président de l'île comorienne d'Anjouan, qui a demandé l'asile à la France après avoir été renversé par des forces africaines.

Près d'un millier de personnes ont été dispersées à coup de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre près de l'ambassade de France à Moroni, a constaté un journaliste de l'AFP.

Plusieurs groupes de jeunes tentaient toujours à la mi-journée de se rendre à nouveau vers l'ambassade et étaient régulièrement dispersés par les forces de l'ordre.

"France, livrez Mohamed Bacar", pouvait-on lire sur une des affichettes brandies par les manifestants.

Des manifestations d'Anjouanais se sont en outre multipliées jeudi à Mayotte contre la présence de M. Bacar, selon le correspondant de l'AFP. Des Mahorais (habitants de Mayotte) et des métropolitains habitant à Mayotte ont été pris à partie par des Anjouanais.

Des voitures ont été brûlées et des habitants ont été blessés. Les forces de l'ordre étaient peu présentes jeudi en Grande Terre (Mayotte).

De nombreux Anjouanais de Mayotte se disent "révoltés" par la protection accordée selon eux par la France au président renversé.



Mohamed Bacar, président d'Anjouan depuis mars 2002 mais dont la réélection en juin 2007 a été jugée illégale par l'Union des Comores et l'Union africaine (UA), a été renversé lors d'une opération militaire baptisée "Démocratie aux Comores" et lancée mardi à l'aube par l'armée comorienne et les troupes mandatées par l'UA.

Il est reproché à M. Bacar d'avoir maintenu l'organisation du scrutin de juin 2007 alors que l'Union en avait demandé le report après des affrontements en mai 2007 entre l'armée comorienne et des gendarmes fidèles à M. Bacar. Depuis, celui-ci a refusé d'organiser un nouveau scrutin.

Arrivé mercredi en bateau à Mayotte, M. Bacar s'était réfugié chez son frère dans le sud de la Grande Terre, accompagné de 23 militaires. Ces derniers sont allés ensuite rendre leurs armes à la gendarmerie.

M. Bacar a demandé l'asile politique à la France, qui a soutenu l'opération "Démocratie aux Comores" en transportant des troupes africaines aux Comores.

Jeudi, Bacar a été transféré à l'aéroport de Mayotte, Pamandzi, et se trouve "dans l'enceinte de l'aéroport", a-t-on appris de source proche de la préfecture de Mayotte.

La France "étudie la demande d'asile politique" de M. Bacar, a déclaré jeudi le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo, à la préfecture de Saint-Denis de la Réunion, à son arrivée dans cette île française jeudi

Moroni a réclamé dès jeudi matin le retour de M. Bacar aux Comores pour qu'il puisse être traduit en justice.

"Nous comprenons la déception et la colère des Comoriens, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que Bacar et ses collaborateurs reviennent et soient jugés aux Comores", a ainsi déclaré le ministre comorien de la Défense Mohamed Bacar Dossar.

Aucun accord d'extradition n'existe entre la France et les Comores.

Sur l'île d'Anjouan, la situation était relativement calme jeudi à la mi-journée, selon un journaliste de l'AFP.

Les tractations politiques se poursuivaient dans la capitale anjouanaise Mutsamudu pour la mise en place rapide d'une administration provisoire à Anjouan, puis d'un gouvernement de transition, avant des élections souhaitées en mai par l'Union des Comores.

Mayotte avait décidé de rester française alors que le reste des Comores devenait indépendant en 1975. Elle est devenue un Eldorado dans la région attirant les clandestins, dont de nombreux Comoriens.

(Romandie News)
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