Paul Vergès met en cause la version officielle sur la fuite du colonel
Très petit comité pour accueillir hier après-midi à la pyramide inversée, Yves Jego, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer. A l’exception du président Paul Vergès, aucun conseiller régional n’avait fait le déplacement et l’on a croisé dans les couloirs davantage d’agents de sécurité et de personnels administratifs que d’élus. La rencontre entre les deux hommes était annoncée comme “privée”, mais si le ministre a tenu sa langue, Paul Vergès en revanche s’est montré loquace. Le président de la Région a mis les pieds dans le plat en remettant en cause la version officielle de la fuite du colonel Bacar après l’intervention militaire à Anjouan. A demi-mot, Paul Vergès n’a pas exclu la possibilité que la France ait participé à l’exfiltration de l’ex homme fort d’Anjouan. “Je ne crois pas que le colonel Bacar ait pu s’enfuir sur un kwassa-kwassa sans être intercepté par les forces françaises et tout cela pour finir par aboutir à la Réunion. La question se pose de savoir comment les choses se sont réellement passées et le gouvernement français doit répondre.”
“une vision lointaine des choses”
“Le président Vergès était à Maurice pendant ces événements, il a une vision lointaine des choses, a ironisé Yves Jego. J’étais moi-même sur place et je peux vous affirmer que si le colonel Bacar avait été repéré entre Anjouan et Mayotte il aurait été intercepté. Il a profité de l’absence d’un radar dans le sud de l’île, radar qui sera installé en juin prochain, la décision avait été prise avant les événements d’Anjouan, pour passer entre les mailles du filet. Je n’ai aucun doute sur le caractère illégal de l’entrée du colonel et de ceux qui l’accompagnaient. J’en veux pour preuve que dès que la gendarmerie a eu connaissance de sa présence à Mayotte il a été immédiatement arrêté. Ceux qui prétendent le contraire sont ou mal informés, ou de mauvaise foi
(Clicanoo)