La répression sanglante s’amplifie
Les libérateurs, les défenseurs de la démocratie, la clique chiite organisée autour de l’Iran, la Libye, le Soudan, etc., montre désormais son vrai visage. Anjouan est l’objet d’une épuration sans précédent. La vague d’arrestation diligentée par les troupes qui ont débarqué sur Anjouan s’amplifie de jour en jour. Hier 60 arrestations. Aujourd’hui plus de mille. Compte tenu du nombre d’habitants, c’est comme si en métropole on avait mis 200 000 personnes dans des geôles. On dit les prisons pleines à craquer. Les principaux dignitaires du régime Bacar échappent eux à ce traitement. Ils sont déportés à Moroni où leur sort devient totalement mystérieux. Après Abdou Madi, Ahmed Sourette, l’ancien président du conseil constitutionnel, et ancien ministre des finances de l’Union a lui aussi été arrêté. Son ex-collègue ministre de l’Intérieur, M. Saline Jaffar a subi une peine qualifiée d’exemplaire. Il a été porté au centre du village de Ouali, non loin de l’ancienne résidence de Mohamed Bacar. Là il a été totalement dénudé par les soldats qui l’encadraient. Attaché par une corde, il a ensuite été exhibé au public et fouetté jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Le témoignage recueilli à Paris explique encore qu’ensuite, M. Saline Jaffar a été jeté en prison où les sévices se seraient poursuivis. Les récits de tortures ne manquent pas. Ainsi, un commerçant aurait eu la plante des pieds coupée. Ce sont les dents d’un autre homme qui ont été la cible des tortionnaires qui les ont cassées, les unes après les autres, à coups de crosse de fusil. Pillages, saccages ont aussi été très nombreux. Les maisons de Bacar et de ses collaborateurs ont été les premières visées. Mais peu à peu, la fièvre a gagné, et de simples Anjouanais ont vu leurs domiciles vidés par des excités sous les yeux d’intégristes étrangers, les nouveaux chefs, qui paradent dans les rues. Mais l’euphorie passée, la population pourrait se réveiller la tête très lourde. Déjà, des rumeurs très insistantes parlent de guerre interne très proche. Sambi lui-même, gardé par sa garde prétorienne venue d’Iran, ne serait pas épargné. Il serait même le prochain sur la liste de la seconde épuration annoncée. Pour préserver le semblant d’unité né de la “victoire sur Bacar”, un nouveau mot d’ordre a été lancé dans les rues d’Anjouan : “Il faut libérer Mayotte”. Pour faire monter la pression, L’Union des Comores a décidé de refuser d’accueillir les clandestins de Mayotte. Le rapatriement des clandestins en provenance de l’Île française voisine de Mayotte, est désormais “strictement interdit à toute agence de voyage, maritime ou aérienne, nationale ou étrangère”. Et ce jusqu’à nouvel ordre a précisé le secrétaire général de la vice-présidence de l’Union des Comores, chargé du ministère des Transports, M. Abdillah Mouigni. “Tout contrevenant s’expose à des sanctions, notamment le refoulement de ses passagers vers leur lieu d’embarquement”, avertit M. Mouigni. Officiellement, l’Union des Comores redoute des mouvements suspects entre Anjouan et Mayotte, l’arrivée de gens qu’on ferait passer pour des clandestins alors qu’ils viendraient, en réalité, déstabiliser l’Île. Cette mesure serait le premier étage destiné à mobiliser la population autour du projet de “libération de Mayotte”, l’ Eldorado de la région, mais aussi le vilain petit canard des intégristes religieux qui attirait de nombreux Anjouanais qui regrettait que leur île ne soit pas française. Mayotte avait décidé de rester française alors que le reste des Comores devenait indépendant en 1975. L’Union des Comores, après avoir maté le sécessionniste, voudrait maintenant corriger l’indépendantiste. Les “libérateurs” se sentent pousser des ailes
Christian Chardon
Source: CLICANOO