Kouchner dérape

Publié le par habari


Dans la sinistre farce qu’est devenue l’affaire Bacar, Bernard Kouchner, ex-french doctor, livreur de riz occasionnel et accessoirement locataire du « Quai », a commis une énorme bourde en affirmant urbi et orbi : « Notre souci, je ne sais pas comment nous y parviendrons en termes juridiques, est de remettre le colonel Bacar aux autorités comoriennes… » Monsieur Kouchner baisse ainsi ostensiblement son pantalon devant Ahmed Abdallah Sambi, qui a suscité à deux reprises des troubles graves sur l’île de Mayotte, via la diaspora anjouanaise et comorienne, le 2 juillet 2007 et le 27 mars 2008. Le même Sambi qui refuse le rapatriement aux Comores des sans-papiers interpellés sur le sol français, mahorais en particulier, histoire de faire monter la pression sociale à Mayotte. Une forme de chantage d’autant moins recevable qu’Ahmed Abdallah Sambi, soutenu par des pays aussi recommandables que l’Iran, le Soudan et la Tanzanie, ne fait pas mystère de sa volonté de ramener Mayotte dans le giron comorien, en dépit de la volonté des Mahorais. Que ce Sambi-là joue aux conquérants histoire de cacher la misère de son régime n’a rien d’étonnant, tant que la France paie les salaires des fonctionnaires et que Mayotte distribue la manne de la coopération régionale… Ce qui est irrecevable, c’est la position et les déclarations de Monsieur Kouchner qui contredisent formellement les obligations de la France en matière d’asile et de droits de l’homme. La France n’a pas le droit de livrer Monsieur Bacar aux mains de gens qui peuvent l’exécuter au nom d’une « justice » d’opérette qui est rendue d’avance. Par ailleurs, il est lamentable de voir un ministre français mépriser à ce point les devoirs de sa charge. L’affaire Bacar ne concerne en rien les tribunaux réunionnais, ou même mahorais. Monsieur Bacar n’a commis aucun crime ou délit qui justifie sa mise au secret, le harcèlement judiciaire qui lui est opposé. Cette affaire n’a pas à être jugée par nos chats fourrés, à ce point submergés par les droits communs, les coups de sabre et les vols de mobylette, qu’ils n’ont pas le temps de s’occuper de nos corrompus, en dépit des masses de dossiers et d’évidences qui prennent la poussière du côté de Champ-Fleuri. L’affaire Bacar relève des Affaires étrangères, de la diplomatie française et, in fine, du respect de notre souveraineté sur zone, en tant que pays riverain de l’océan Indien. Si Monsieur Kouchner est à ce point dépassé par les événements, qu’il démissionne ; nul doute qu’on lui trouvera une quelconque sinécure pour passer le temps, grassement payé par la République.

Philippe Le Claire


Source:
CLICANOO.COM

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