Bacar bientôt fixé sur sa libération
Saga Bacar, épisode 143. Aujourd’hui, à 14 h, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Saint-Denis aura à se prononcer sur l’arrestation provisoire de Mohamed Bacar et des 22 membres de sa garde rapprochée, ainsi que leur placement en détention. Les avocates des incarcérés comptent bien sur cette action pour permettre la libération de leurs clients. Cela fait maintenant 11 jours que les 23 Anjouanais sont incarcérés au centre pénitentiaire du Port. Le 4 avril, un juge d’instruction anjouanais a demandé officiellement à la France de restituer les fugitifs en situation irrégulière vers les Comores, afin qu’ils y soient jugés pour faits de “viols, tortures, meurtres, violences”. C’est la raison pour laquelle le procureur de la République de Saint-Denis a procédé à leur arrestation provisoire, en vertu de l’article 696-23 du Code de procédure pénale. La mission de la chambre est de vérifier si la demande “est conforme au droit français et aux grands principes de la France”, expliquait l’avocat général près la cour d’appel, François Basset. Les hommes sont toujours incarcérés à la prison du Port. En cellule d’isolement, pour éviter tout contact avec d’autres prisonniers d’origine comorienne. En effet, ils ont subi quelques pressions à leur arrivée, et même des menaces de mort. Et malgré la volonté de leurs avocates, les 23 détenus vont, selon toute vraisemblance, s’exprimer par visioconférence. “Cette méthode offre plus de facilité pour organiser leur audition”, juge François Basset. Selon l’une de ses avocates, Me Marie Briot, l’ex-président de l’île d’Anjouan comptait s’exprimer devant la presse à l’occasion de cette audience. Raté, pour cette fois. Bacar et ses hommes ne devraient cependant pas être fixés aujourd’hui. La décision devrait être mise en délibéré, d’ici la fin de la semaine. Pas dit qu’elle soit défavorable à l’ex-président anjouanais. Car il se murmure dans les couloirs de la cour d’appel que l’institution judiciaire en a assez de passer pour “la voix de son maître”
Julien Balboni
Clandestins : quelle solution ? Le problème des reconduites à la frontière des sans-papiers d’Anjouan est-il en passe d’être résolu ? L’arrivée hier à Moroni, capitale de la Grande-Comore, de Rémi Maréchaux, le Conseiller aux Affaires africaines de Nicolas Sarkozy, accompagné d’un fonctionnaire du Quai d’Orsay et de la valise diplomatique, est un nouvel élément dans le bras de fer engagé avec la France, par l’ayatollah Sambi. Selon Les Nouvelles de Mayotte, les deux hommes auraient pour mission de négocier le retour des reconductions à la frontière des sans-papiers entrés clandestinement à Mayotte. Petit changement à ces règles, histoire d’humilier un peu plus les Anjouanais, le retour des clandestins ne se ferait plus à Anjouan dont ces clandestins sont le plus souvent originaires, mais en Grande-Comore, ce qui leur compliquera singulièrement le voyage retour
Les doutes des agents de l’Ofpra Les agents de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides ont quitté le sol réunionnais en fin de semaine dernière. Leur mission est de statuer sur la demande d’asile politique effectuée par les 23 détenus anjouanais. Ils ont passé plus d’une semaine dans l’île afin de tous les auditionner. Ils devraient rendre leur décision dans les deux semaines. Durant les auditions, tous les prisonniers ont nié être impliqués dans les faits dont ils sont soupçonnés. Mais tous refusent également d’être jugés dans les Comores. Ce qui a attiré les doutes des agents de l’Ofpra : “Pourquoi refuser d’être jugé chez soi si l’on n’a rien à se reprocher”, ont-ils dit devant témoins. L’Ofpra dépend directement du ministère des Affaires Étrangères. Et donc de Bernard Kouchner, qui a affirmé mardi dernier : “Notre souci, je ne sais pas comment nous y parviendrons en termes juridiques, est de remettre le colonel Bacar aux autorités comoriennes”
- Jets de pierres sur le véhicule de l’ambassadeur de France
Des inconnus ont jeté des pierres hier matin sur le véhicule de l’ambassadeur de France aux Comores, qui n’a pas été blessé, sur le trajet conduisant de sa résidence à l’ambassade de France à Moroni, a-t-on appris auprès de la gendarmerie comorienne. “L’ambassadeur a fait l’objet d’une agression de la part de jeunes gens -que nous n’avons pas encore identifiés- qui lui jetaient des pierres vers Voidjou hier matin”, a déclaré le commandant de la gendarmerie comorienne, Ali Djambaé, précisant que le pare-brise avait volé en éclats. “La voiture de l’ambassadeur a reçu plusieurs jets de pierres devant et sur les flancs. Il n’a pas été blessé. Nous avons ouvert une enquête immédiatement. Nous avons arrêté près d’une dizaine de personnes vivant dans les parages en espérant qu’elles nous aideront à identifier les responsables”, a indiqué de son côté le lieutenant Mohamed Yahaya, chargé de l’enquête. Le 5 avril, le président de l’Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi a estimé que le sort judiciaire de Mohamed Bacar ne devait pas altérer “l’entente entre les Comores et la France”