Denrées de première nécessité : Une flambée des prix hors de tout contrôle

Publié le par habari

Moroni, mercredi 16 avril 2008 (HZK-Presse) – Les prix des produits de consommation ont toujours été instables aux Comores. Les consommateurs doivent désormais faire face à une hausse que l’on dit « inévitable » d’une part, et d’autre part à l’inflation de la quasi totalité des produits locaux et importés.
 
« On a réellement à faire à une augmentation excessive des prix nos produits locaux, ceux importés ont toujours été instables et chers » déclare un consommateur au marché de Volo Volo. En effet, on a doublé le prix du kilo de pomme de terre passé de 500 à 1000fc actuellement. C’est également le cas de la carotte vendue à 1250 fc le kg contre 800 fc, voici quelques semaines, soit une augmentation de 90%.

« Nous n’y sommes pour rien dans cette hausse vertigineuse des prix » se défend une marchande de choux au détail, qui accuse les cultivateurs, leurs principaux fournisseurs. Selon elle, ces derniers profitent de la rareté de certains produits locaux sur le marché pour faire grimper les prix.
 
« C’est au prix de 1000fc que j’achète l’unité à mon fournisseur, alors qu’avant c’était à 500 fc pour le revendre à 1000fc, au lieu de 1500fc aujourd’hui », soit une hausse de 50%. Gagner le plus grand bénéfice sans se soucier du pouvoir d’achat des consommateurs semble être le principe de ces marchands des marchés de la capitale.
 
De la même façon, les consommateurs assistent impuissants à la hausse quotidienne des produits importés. C’est le cas du litre d’huile qui est passé de 500à 750fc. De même le kilo d’aile de poulet qui s’achète désormais à 1300 contre 1200 fc à Moroni, tandis que dans les localités reculées son prix atteint les 1400fc. Et comme d’habitude, c’est aux grossistes et aux importateurs qu’on renvoie la balle.
 
Pourtant le kilo de sucre acheté chez ce dernier à 200fc est revendu par le petit commerçant à 400fc, soit le double. Le cas le plus flagrant est sans doute celui du pétrole lampant, qui n’a pourtant connu aucune hausse du prix dans les stations services, au prix de 175 fc pour une vente au détail à 200fc le litre. Aujourd’hui, ce produit est revendu par les petits distributeurs à 300fc, voir même 350 à 400fc dans certaines régions.
 
« J’ai passé tout une journée devant la station feeling, sous le soleil, à attendre avec ma jerricane mon tour pour avoir 50 litres , je ne peux revendre à 200fc le litre et en plus je viens de loin », se justifie une dame venant de la région de Oichili, qui vend avoue pratiquer le prix de 350fc le litre, soit un bénéfice de 100%.
 
« Mais que fait donc le ministère de l’économie ? », s’interroge un client dans une boutique à Hadoudja et un autre d’ajouter « que fait aussi la Police  ? ». Comme la plupart des services, la brigade de contrôle des prix et de répression des fraudes n’a jusqu’à lors pas pris conscience de la lourde mission qui l’incombe.
 
Said, petit commerçant de Mangani, affirme n’avoir jamais eu la visite d’une telle brigade. « C’est seulement la Police qui vient deux ou trois fois par an vérifier les prix, mais ce n’est que pendant le mois sacré du ramadan. » déclare-t-il. C’est ainsi que durant le reste de l’année de nombreux commençants et marchands sont bel et bien libres de vendre leurs produits en pratiquant les prix qu’ils veulent, échappant ainsi à tout contrôle.
 
Interrogé sur le sujet, le chef du commissariat de Moroni déclare que «  la Police n’agit en la matière qu’à la demande d’accompagnement du ministère de l’économie ». Il semble bien que pour lui le contrôle des prix des produits de consommation n’entre pas dans le cadre des missions de la police.
 
En l’absence de réaction de l’association des consommateurs, l’on ne peut désormais, bon gré malgré, que se plier à la seule loi du marché, parfois imposée ou entretenue par certaines catégories de marchands et commerçants, en dehors des fluctuations normales des cours des produits que l’on peut observer actuellement dans le monde, et prier, pour que les autorités prennent des mesures urgentes en vue de préserver le pouvoir d’achat des comoriens. En attendant que chaque fonctionnaire ou officier, apprenne à accomplir leur véritable tache.
 
Abdillah Al-Hamdi

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