Emeutes du 27 mars : un "meneur" condamné

Publié le par habari

Mercredi 23 avril, le Tribunal de première instance de Mamoudzou a jugé en comparution immédiate un homme accusé d'avoir participé aux émeutes du 27 mars, consécutives à la présence sur le sol mahorais du dictateur anjouanais déchu Mohamed Bacar, et d'avoir mené la tentative d'enlèvement d'un mzungu.
 

 

Le prévenu comparaissait pour "participation à un attroupement après les sommations de dispersion" (par les forces de l'ordre) ; "enlèvement et séquestration avec libération avant le 7ème jour, à l'encontre d'un des deux métropolitains ayant subi l'agression" ; "violences volontaires avec ITT inférieure à 8 jours et en réunion à l'encontre de cette même victime" ; et, accessoirement, "entrée irrégulière sur le territoire français". L'homme était accusé d'avoir ainsi participé à l'enlèvement d'un métropolitain le 27 mars près du marché de Mamoudzou, en vue de réclamer son échange avec Mohamed Bacar.

La victime, un homme d'une quarantaine d'année présent à l'audience, a reconnu son agresseur comme étant "le meneur". "C'est lui qui m'a interpellé", a-t-il dit. "Il m'a donné des coups et avec d'autres, ils m'ont amené dans la mangrove. Ils m'ont dit qu'ils voulaient m'échanger contre Bacar et qu'ils allaient m'envoyer dans une prison d'Anjouan. C'était un cauchemar car sur le moment, on ne peut rien faire. Dans la mangrove, j'ai cru que jamais je n'en sortirais." Il n'a cependant réclamé pour dommages et intérêts qu'un euro symbolique –une décision saluée par l'avocate du prévenu, Fatima Ousseni.

Le prévenu, un Anjouanais déscolarisé très tôt –en CE1- qui vit depuis une quinzaine d'année à Mayotte et qui n'avait jusqu'à présent jamais été condamné, a quant à lui reconnu les faits "à demi-mot" selon le procureur. "Je m'excuse" a-t-il lancé à la barre. "J'étais parti pour acheter un téléphone et j'ai vu des gens s'attrouper. J'y ai participé puis je suis parti", a-t-il indiqué.

- Vous êtes désigné comme le leader", lui a alors lancé le président du Tribunal, M.Sastre.

- J'y étais, mais je ne l'ai pas frappé, et je ne suis pas allé dans la  mangrove. On ne voulait pas se venger, ni faire du mal. C'était spontané, un agissement idiot."

Tandis que le procureur a demandé une peine de 18 mois de prison, son avocate a refusé le qualificatif de "meneur" alors qu'il s'agissait selon elle "d'un mouvement spontané" qui n'avait rien à voir avec ce dont les médias ont parlé. "De quelle direction veut-on parler alors que c'était une révolte d'adolescents !" a-t-elle dénoncé, avant de demander une sanction "modérée".

Comme les trois premiers condamnés dans cette affaire –jugés au lendemain des événements le 28 mars-, et un quatrième jugé vendredi 18 avril, l'accusé a écopé de 14 mois de prison ferme avec mandat de dépôt à l'audience.

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