Mohéli : La contestation dans la République
Tout le monde le sait. Mohéli a supporté l'essentiel de l'effort de guerre sans rechigner. Elle a accueilli dans son territoire pendant plusieurs mois les déplacés qui fuyaient les exactions de Bacar et le contingent de l'armée nationale. Elle a vu également arriver les forces armées alliées avec tout ce que cela a pu constituer comme gêne notamment la hausse des prix des denrées alimentaires. Mais aussitôt Anjouan libérée, l'île de Djoumbé Fatima est sur le point de revenir à la tradition contestatrice et revendicatrice. Les autorités de l'île organisent un rassemblement de protestations, mercredi 30 avril. Incroyable mais vrai.
Pourquoi un tel revirement où l'on est passé du jour au lendemain du soutien indéfectible au chef de l'état à sa contestation pure et simple. Il faut dire qu'en ce moment la seule chose qui unit les Mohéliens, c'est la tournante, leur tournante comme ils disent. Et pourtant selon eux, leur petit doigt et leur flair les laissent croire qu'on veut leur priver de ce droit tant attendu. Les réceptions faites au locataire de Beit Salame dans diverses localités du pays pour rendre hommage à l'homme du 25 mars sont perçus comme une volonté du Foundi de vouloir « rempiler » conjuguée aux maladresses d'une certaine presse maladroite qui a voulu esquisser un débat sur l'opportunité de la tournante.
C'est dans ce climat que le locataire de Bonovo a tenu à mettre les pendules à l'heure vis-à-vis de son homologue de Beit-Salame dans une allocution pas très protocolaire du lundi 14 avril dernier à la place de la réconciliation nationale de Fomboni.
Pas de médaille pour Mohéli
Quelques jours plus tard, en l'occurrence le vendredi 18 avril, le président mohélien s'est retiré de la tribune officielle peu avant la fin de la cérémonie de remise de médailles à tous ceux qui se sont distingués lors de l'opération « démocratie aux Comores » où bizarrement aucun natif de l'île de Djoumbé Fatima n'a pu se distinguer.
Mohamed Ali Said se devait de louer un avion pour regagner son île dans l'heure qui a suivi, alors que son retour a été prévu pour le lundi ou mardi à venir. Il a été applaudi chaleureusement à sa descente d'avion à l'aéroport de Bandarsalame et aussitôt son geste de mauvaise humeur a été salué dans une île qui lui est totalement acquise. La première conséquence de la colère présidentielle, c'est la remise à une date dite ultérieure de l'inauguration du bâtiment flambant neuf devant abriter la direction régionale de la Société Nationale des Télécoms qui devait se tenir le lendemain en présence des plusieurs autorités de l' « Union ».
Discrimination salariale
Et les langues de se délier. Chacun, à Mohéli, essaie de démontrer les préjudices qu'il subit en sa qualité de mohélien à l'exemple de la FADC où le personnel grogne du fait que leurs salaires est exagérément bas par rapport à ceux de leurs homologues des deux autres îles. On évoque notamment le cas du salaire de la directrice régionale de Mohéli inférieur de cent mille francs par rapport à son homologue anjouanais, alors qu'elles ont été recrutées le même jour dans la boite chère à Saghaf. Dans cette même institution, il semble qu'aucune activité n'a été retenue dans le plan d'action 2008 et l'on parle même de fermer la direction mohélienne pour le rattacher à Moroni et Mutsamudu qui ont des activités régulières, comme si tout a été réalisé à Mohéli.
Cette discrimination salariale, les employés de la Mamwé la déplore aussi.
Des griefs, les cadres du Ministère en charge de l'éducation ont une montagne à offrir et le tout dernier est celui concernant l'appel d'offre lancé par le Projet d'appui au secteur éducation aux Comores (PASEC) pour équiper les ministères en bureautique. Celui de Ngazidja et Ndzouani devront être dotés respectivement de 10 et 9 ordinateurs contre 5 à Mohéli, mais d'un nombre équitable de clé USB. Comprendra qui comprendra !
Même les militaires habituellement avares de confidence ayant trait à leur institution, critiquent sous le manteau la cérémonie de remise de récompense.
C'est dans ce climat pas très sain que les autorités de l'île ont appelé pour une réunion de protestations, mercredi 30 avril.
Des autres îles sœurs, des coups de fils inquiets demandent à leurs interlocuteurs de Fomboni et ailleurs si on n' a pas résolu le séparatisme anjouanais pour retomber à un autre de Mohéli. Certainement pas, le mouvement qui semble naître, est selon un ministre très en vue du gouvernement mohélien, « une réaction contre une certaine arrogance et une volonté de nous maintenir dans le sous-développement. » « Mohéli est solidement ancrée dans la république », ajoute notre interlocuteur dont la réflexion est largement partagée par les îliens, même ceux qui n'ont pas les mêmes convictions et intérêts que Mohamed Ali Said. Celui-ci, malgré des discours et gestes peu habituels pour un homme de son rang, est loin d'être un séparatiste, son hostilité au régime Mohamed Bacar est là pour le confirmer.
SOURCE: Kweli
Pourquoi un tel revirement où l'on est passé du jour au lendemain du soutien indéfectible au chef de l'état à sa contestation pure et simple. Il faut dire qu'en ce moment la seule chose qui unit les Mohéliens, c'est la tournante, leur tournante comme ils disent. Et pourtant selon eux, leur petit doigt et leur flair les laissent croire qu'on veut leur priver de ce droit tant attendu. Les réceptions faites au locataire de Beit Salame dans diverses localités du pays pour rendre hommage à l'homme du 25 mars sont perçus comme une volonté du Foundi de vouloir « rempiler » conjuguée aux maladresses d'une certaine presse maladroite qui a voulu esquisser un débat sur l'opportunité de la tournante.
C'est dans ce climat que le locataire de Bonovo a tenu à mettre les pendules à l'heure vis-à-vis de son homologue de Beit-Salame dans une allocution pas très protocolaire du lundi 14 avril dernier à la place de la réconciliation nationale de Fomboni.
Pas de médaille pour Mohéli
Quelques jours plus tard, en l'occurrence le vendredi 18 avril, le président mohélien s'est retiré de la tribune officielle peu avant la fin de la cérémonie de remise de médailles à tous ceux qui se sont distingués lors de l'opération « démocratie aux Comores » où bizarrement aucun natif de l'île de Djoumbé Fatima n'a pu se distinguer.
Mohamed Ali Said se devait de louer un avion pour regagner son île dans l'heure qui a suivi, alors que son retour a été prévu pour le lundi ou mardi à venir. Il a été applaudi chaleureusement à sa descente d'avion à l'aéroport de Bandarsalame et aussitôt son geste de mauvaise humeur a été salué dans une île qui lui est totalement acquise. La première conséquence de la colère présidentielle, c'est la remise à une date dite ultérieure de l'inauguration du bâtiment flambant neuf devant abriter la direction régionale de la Société Nationale des Télécoms qui devait se tenir le lendemain en présence des plusieurs autorités de l' « Union ».
Discrimination salariale
Et les langues de se délier. Chacun, à Mohéli, essaie de démontrer les préjudices qu'il subit en sa qualité de mohélien à l'exemple de la FADC où le personnel grogne du fait que leurs salaires est exagérément bas par rapport à ceux de leurs homologues des deux autres îles. On évoque notamment le cas du salaire de la directrice régionale de Mohéli inférieur de cent mille francs par rapport à son homologue anjouanais, alors qu'elles ont été recrutées le même jour dans la boite chère à Saghaf. Dans cette même institution, il semble qu'aucune activité n'a été retenue dans le plan d'action 2008 et l'on parle même de fermer la direction mohélienne pour le rattacher à Moroni et Mutsamudu qui ont des activités régulières, comme si tout a été réalisé à Mohéli.
Cette discrimination salariale, les employés de la Mamwé la déplore aussi.
Des griefs, les cadres du Ministère en charge de l'éducation ont une montagne à offrir et le tout dernier est celui concernant l'appel d'offre lancé par le Projet d'appui au secteur éducation aux Comores (PASEC) pour équiper les ministères en bureautique. Celui de Ngazidja et Ndzouani devront être dotés respectivement de 10 et 9 ordinateurs contre 5 à Mohéli, mais d'un nombre équitable de clé USB. Comprendra qui comprendra !
Même les militaires habituellement avares de confidence ayant trait à leur institution, critiquent sous le manteau la cérémonie de remise de récompense.
C'est dans ce climat pas très sain que les autorités de l'île ont appelé pour une réunion de protestations, mercredi 30 avril.
Des autres îles sœurs, des coups de fils inquiets demandent à leurs interlocuteurs de Fomboni et ailleurs si on n' a pas résolu le séparatisme anjouanais pour retomber à un autre de Mohéli. Certainement pas, le mouvement qui semble naître, est selon un ministre très en vue du gouvernement mohélien, « une réaction contre une certaine arrogance et une volonté de nous maintenir dans le sous-développement. » « Mohéli est solidement ancrée dans la république », ajoute notre interlocuteur dont la réflexion est largement partagée par les îliens, même ceux qui n'ont pas les mêmes convictions et intérêts que Mohamed Ali Said. Celui-ci, malgré des discours et gestes peu habituels pour un homme de son rang, est loin d'être un séparatiste, son hostilité au régime Mohamed Bacar est là pour le confirmer.
SOURCE: Kweli
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