Fortes pluies à Ndzuwani: Un mort et d'énormes dégâts

Publié le par habari

Des fortes pluies s'abattent sur la partie ouest de Ndzuwani, depuis le 20 avril dernier. Le véritable déluge a été enregistré, 24 heures durant, entre les 24 et 25 avril. C'est la région de Shisiwani, au sud-ouest de l'île, qui en a fait les frais. On déplore une victime à Bandrani-Vuani. C'était un jeune homme célibataire de 25 ans qui était allée à la campagne dans la journée du 24 avril, accompagné de deux autres personnes de sa génération. Selon la version de son père, le drame s'est produit au retour, lorsqu'ils ont été surpris par la recrudescence des eaux de la rivière de Bubuni. Par la suite la victime n'a pas réussi la traversée pour rejoindre ses amis de l'autre côté de la rivière. C'est à ce moment précis que la tragédie s'est produite : il rate le coup. Antuf Nidhoimi est emporté par les eaux qui l'ont entraîné jusque dans un lac tourbillonnaire. Après des jours de recherches en vain, la famille a finalement décidé d'observer les rituels du deuil traditionnels. C'est la preuve qu'elle n'a plus l'espoir de retrouver Antuf.

Depuis ce 24 avril, la région du sud-ouest de Ndzuwani affiche un spectacle de désolation. Entre Sima et Moya la route est pratiquement impraticable car entrecoupée par des éboulements impressionnants qui ont entraîné avec eux des rochers et des arbres. L'isolement de la région se renforce. Sur un trajet d'à peine 35 km, on est obligé de changer jusqu'à trois fois de moyen de transport sur la rivière de Lambwé, de Nindri et de Mpudré. A ces endroits, la rivière a entraîné, avec elle, le pont de fortune érigé, trois semaines auparavant, par les chauffeurs, ou les blocs en béton qui datent du temps du regretté Ahmed Abdallah Abdérémane. Partout le bitume a été entraîné. Et comme un malheur ne vient jamais seul, les caniveaux envahis par l'eau et d'autres matériaux de toute nature, déversent de la boue sur les quelques lambeaux de route qui présentent à leur tour l'image d'un récif corallien en temps de marrée basse.

Des villages entiers sont inondés et notamment Vasi, Pomoni et Kowe. Des familles sont également sinistrées, soit du fait de l'effondrement de toute ou partie de leur maison, de la perte de leur biens ou encore parce que les ustensiles de cuisine ont été emportés par les eaux. Dans certains endroits, le cheptel ovin ou caprin est décimé. La petite plaine de Pomoni, par exemple, donne au passant l'image d'un marécage. La population, à l'aide des pirogues tente, tant bien que mal, de sauver ce qui peut l'être parmi les cultures de maniocs, de tarots, de maïs et bananeraies inondées et qui risquent de pourrir par excès d'eau.

Sur un autre registre les porte-feuilles des usagers des transports en commun sont mis à rude épreuve. A titre d'exemple, entre Moya et Mutsamudu, le tarif initialement de 750 francs a plus que doublé, atteignant 1500 francs. Par ailleurs l'isolement renchérit le coût de la vie d'une population qui avait déjà du mal à joindre les deux bouts. En outre, la région sinistrée étant la plus riche de l'île en produits alimentaires et de rente, des conséquences d'ordre économique se feront, certainement, sentir dans les mois à venir en termes de pénuries dans les marchés urbains et de manque à gagner pour ce qui est des exploitants.

La région de Shisiwani est la plus arrosée de Ndzuwani. Elle connaît des fortes précipitations toute l'année. C'est le cas, même pendant la saison de Kussi. Car elle correspond à un versant sous le vent par rapport à l'Alizé du sud-est de l'Océan Indien, qui souffle d'avril à août. Cependant les personnes âgées affirment que, de leur vivant, ils n'ont jamais vu des pluies d'une telle ampleur au cours du mois d'avril. Toutefois ces véritables bibliothèques météorologiques vivantes disent ne rein comprendre et ont beaucoup de mal a expliqué l'ampleur extraordinaire et de ces intempéries.

Certains vont jusqu'à se demander s'il ne s'agit pas des effets des changements climatiques de la planète dont on parle tant depuis des années? Surtout, quand ils font le parallèle avec le fait que cette même région avait connue des marées hautes hors normes et dévastatrices en mars 2007, il y a un an.

Pour sa part, la population concernée constate avec amertume que son drame n'a pas attiré l'attention ni des medias ni celle des autorités insulaires et de l'Union.

Abidhar Abdallah
Al watwan

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