Accord en vue entre la France et l’Archipel
Accord en vue entre la France et l’Archipel
“C’était une visite audacieuse. C’est la première fois que deux ministres sont présents ensemble à Moroni.” En transit hier soir à la préfecture de Saint-Denis, Yves Jégo est revenu sur sa visite aux Comores en compagnie d’Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la coopération. “Cette visite s’inscrit dans le droit fil de la rencontre entre le président Sambi et Nicolas Sarkozy en septembre dernier à Paris, pour une nouvelle entente entre l’Union des Comores et la France.” Yves Jégo annonce qu’un groupe de travail de haut niveau sera mis en place le 4 juin à Paris entre les autorités françaises et comoriennes, ainsi qu’avec les élus de Mayotte, en vue de préparer un accord bilatéral entre les Comores et Mayotte. Celui-ci portera sur trois points : “la circulation des personnes, la mise en place d’un accord de libre-échange entre les quatre îles soeurs et la gouvernance de cette nouvelle entente”. L’accord devra être prêt en fin d’année et sera signé par Nicolas Sarkozy début 2009 à l’occasion d’une tournée dans l’océan indien. Cet accord serait historique.”
la coopération continue
Sur l’immigration, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer a évoqué “l’idée d’une libre-circulation des Comoriens à Mayotte, ce qui ne veut pas dire un libre-stationnement. Il faut des facilités pour que les Comoriens puissent aller voir leur famille, faire leurs courses etc. Mais nous continuerons à mener un combat commun de régulation, basé sur une politique ferme d’immigration choisie, fondée sur le travail.” Yves Jégo n’en dira pas plus sur la forme de cette libre-circulation : “Il y a en France 230 types de visas. Je ne sais pas encore ce qui sera choisi.” Un troisième radar sera livré en juillet dans le sud de Mayotte et un nouveau centre de rétention administrative de 120 places devrait ouvrir courant 2010. Un autre groupe de travail franco-comorien concernera la coopération, pour lequel la France engage 89 millions d’euros : la construction d’une maternité à Anjouan et le développement agricole. Avec ces deux volets, Yves Jégo a confié hier son espoir de “faire chuter la pression migratoire à Mayotte” . Le secrétaire d’Etat estime que “ce qui fait le grief depuis 33 ans entre la France et les Comores est en train d’être dépassé .” Enfin, sur le sort de Mohamed Bacar, Yves Jégo a botté en touche hier. “Nous sommes dans l’attente de la décision de la justice (vers le 19 mai, ndlr) sur la demande de Moroni d’extrader Mohamed Bacar vers les Comores. La justice est indépendante, il faut attendre. Après, nous aviserons.” Après le rejet de la demande d’asile de l’ex-homme fort d’Anjouan par l’Ofpra, on parle d’un pays tiers, en Afrique de l’Ouest, pour l’accueillir et le juger
Sylvain Amiotte
