La police traque les femmes "sexy" en Grande Comore

Publié le par habari

Les femmes sont en ligne de mire à Ngazidja (Grande comore en swahili). Les jeunes filles surtout, sortent de la maison la peur au ventre par crainte d'être attrapées par la police, si elles ne sont pas "bien habillées". "Pour l'instant, on ne retient pas les porteuses d'habit provocateur. On l'interpelle et on lui explique son délit. Il se peut qu'elle ne soit pas au courant de la nouvelle mesure, donc il est juste demandé à la contrevenante de ne plus porter ce vêtement. Mais après, on ne va plus tolérer", déclare le commissaire Athoumane Ali.

La police commence la répression dans une semaine alors beaucoup sont ceux qui ne savent pas encore quels sont ces habits prohibés. Les limiers traquent sans relâche les habits trop moulants ou qui laissent transparaître le corps. Pourtant, certains conçoivent la mesure comme une lutte contre les pantalons, bermudas et autres pantalons courts.

C'est pourquoi, la police tient à préciser que "les habits autorisés sont ceux que la femme peut porter en priant", l'équivalent du hijab pour enlever toute confusion. "Il faut comprendre que tous les pantalons ne sont pas les mêmes. Certains sont "acceptables", dit-on, alors que d'autres sont si collants qu'ils laissent apparaître les parties intimes de la femme et cela n'est pas acceptable", renchérit l'officier de police Fatouma Mbaé qui porte pourtant un pantalon dans son uniforme.

La police ne fait qu'appliquer une mesure du ministère des affaires islamiques prohibant les habits indécents, les bals des jeunes et les mauvaises moeurs de manière générale. En réalité, il s'agit d'un arrêté vieux d'un an, mais dont l'application avait connu un relâchement de la part des services de sécurité. Pour réactiver cette décision ressortie tout droit des tiroirs, le département du ministre Mmadi Ali a commencé par la sensibilisation des acteurs de la société. "Ce n'est un secret pour personne les femmes s'habillent très mal. Il fallait faire quelque chose car nous sommes avant tout un pays musulman. On prohibe les habits provocateurs et aussi les bals de jeunes. On a remarqué que la débauche des plus jeunes est favorisée par ces lieux de débauche qui ne réunissent pourtant pas que des jeunes...", lance Oumoukoulthoum Ahmed Ali, le directrice de cabinet du ministère des affaires islamiques, dignement revêtue de son voile noir.

"On ne demande pas aux femmes d'être voilée comme moi. Il y a des habits comoriens plus jolis et plus respectueux", ajoute-t-elle. La campagne de sensibilisation a commencé depuis 3 mois. Les régions étaient les premières à être saisies. Des consignes fermes sont données aux maires, aux chefs de village et aux préfets pour le respect scrupuleux de la mesure. Les directeurs des écoles publiques et privées sont mis à contribution pour refuser l'accès à leurs élèves "mal habillés".

Pourtant, c'est la énième fois qu'une décision allant dans ce sens est prise. Jamais sa durée de vie n'a dépassé deux semaines. Les autorités relâchent après quelques jours et la mesure reste gelée. "La mesure va survivre car elle n'est pas prise en plein mois de ramadan. Souvent ces mesure sont édictées dans ce mois sacré et ne survivent pas au delà du ramadan", assure le commissaire central de Moroni

source FI n°2094 Jeudi 22 mai 2008
VIA wongo
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