Le gouvernement Sambi part en guerre contre les vêtements 'indécents'

Publié le par habari

Le ministère comorien des Affaires islamiques se prépare à faire appliquer un arrêté datant d'août dernier, qui interdit le port de tenues laissant voir les formes du corps.

 

Dorénavant, "le port en public de tous effets vestimentaires laissant apparaître les parties intimes du corps" est prohibé aux Comores. La mesure a été rendue publique la semaine dernière par le ministère des Affaires islamiques. L'arrêté du ministère date du 7 août 2007, mais sa mise en exécution ne pouvait pas se faire selon le secrétaire général du département, Miftahou Ali Mbamba, "faute de personnel suffisant pour la faire respecter". "Les hommes aussi sont concernés par l'arrêté", a ajouté Miftahou Ali Bamba. "Seuls les jeunes enfants ne sont pas visés par cette interdiction", a-t-il précisé.

L'arrêté ministériel ne donne aucune précision sur la nature de cette indécence que veut combattre le gouvernement, et parle de tout vêtement "dont la vue choque la pudeur". Les habits ne sont pas les seuls accoutrements qui font l'objet de ce contrôle des mœurs : les boucles d'oreilles et les colliers "ne seront plus acceptables pour les garçons". Les étrangers doivent également "respecter la culture comorienne ", a ajouté Miftahou Ali.

Dans les rues de Moroni, la peur de représailles est à fleur de peau depuis que des filles coupables d'avoir porté des pantalons ont été interpellées il y a quelques jours. "Des sanctions sont déjà tombées", a indiqué Miftahou A.Bamba. Mais celles-ci demeurent préventives et restent à la discrétion de la police, autorisée à garder les récidivistes quelques heures dans ses locaux.

La capitale comorienne est pour l'instant le terrain d'expérimentation de la mesure ministérielle. Une campagne de sensibilisation devra précéder sa généralisation sur l'ensemble du pays. Une préparation psychologique est cependant lancée auprès de "la gendarmerie, de la police, des chefs du village, des maires, des préfets de région et des agents de sécurité des bâtiments publics", appelés à monter au front dans les prochains jours. Des rencontres sont également en préparation pour impliquer les directeurs des écoles publiques et privées", indique Miftahou Ali.

VM

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