Sambi, à mi-parcours, s'auto-congratule

Publié le par habari

Ahmed Abdallah Sambi s’est adressé à la nation lundi 26 mai, à l’occasion du deuxième anniversaire de son accession à la magistrature suprême du pays, en 2006.

Dans un discours bilan de près d’une heure télévisé et radiodiffusé, le président de l'Union des Comores, élu en mai 2006 avec une large majorité (plus de 55%) devant Ibrahim Halidi et Mohamed Djaanfari, a passé en revue les réalisations de ses deux années d’exercice du pouvoir ainsi que les principaux résultats de son action à la tête de l’Etat.

Sambi s’est tout d'abord réjoui de l’effacement de la dette du pays envers la Banque Africaine de Développement (BAD), qui est selon lui "le résultat d'une action efficace, menée au niveau des finances publiques et auprès des partenaires au développement des Comores". Il s'est également félicité "de l’avancement" du projet habitat et d’autres projets en cours d’exécution "que la population constate d’elle-même" – même si les critiques pleuvent quant à cet "avancement" que certains jugent très en retard.

Le président de la République a ensuite fait un constat sans concession des dysfonctionnements de la fonction publique, qu’il juge "pléthorique et budgétivore" : "Il est inacceptable, que sur les 20 milliards de recettes enregistrées par l’Etat en 2007, 15 milliards soient consacrés au paiement des salaires des fonctionnaires", a-t-il dénoncé, avant d'affirmer qu'une partie des salaires des fonctionnaires servirait dorénavant à développer le secteur privé.

Pour Sambi, les superstructures de l’Union des Comores pèsent trop lourdement sur la marche du pays. Les "quatre présidents, quatre gouvernements, quatre parlements" ainsi que leurs fonctions politiques, "trop cher payées mais souvent improductives" selon lui, sont des "anomalies" qui "paralysent l’action de l’Etat qui s’avère incapable d’assurer efficacement ses fonctions ou d’investir sur des projets sociaux profitables à toute la population et appuyer les initiatives privées". Sambi n'a cependant pas évoqué la remise en cause de la Constitution de l'Union des Comores à l'origine de ces "dysfonctionnements".

Avant de conclure, le président comorien a évidemment parlé du principal succès de ses deux premières années de pouvoir : la "libération" d'Anjouan, qu'il a d'ailleurs situé comme "un fait majeur" de cette période. "J’ai réussi à faire échouer le projet fomenté par certains, de séparer de l’île d’Anjouan, à l’instar de Mayotte, du reste du pays", s'est-il auto-congratulé. Il a en outre exprimé sa "fierté" d’avoir redonné au pays "une meilleure image et la crédibilité qui lui a longtemps manquée" sur la scène internationale, faisant allusion au réchauffement diplomatique avec la France, et au rapprochement avec les Etats-Unis, ainsi qu'avec l'Iran et la Libye.

Cette allocution n'a cependant pas fait taire les critiques, nombreuses en Grande-Comore comme à Mohéli et Anjouan. Nombre de politiciens reprochent au président son manque de vision politique et lui prêtent des ambitions autocratiques et islamistes. La CRC, le parti du prédécesseur de Sambi, Azali Assoumani, s'est pour sa part fendu d'un communiqué très critique envers son action sociale (lire encadré). A Anjouan, des candidats critiquent son parti pris en faveur de l'un des cinq candidats à la prochaine élection présidentielle insulaire. Malgré tout, Sambi conserve une bonne cote de popularité au sein de la population.

Source. Malango

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