TRIBUNE LIBRE: L'Imam Sambi dans sa rage de vaincre

Publié le par le mohelien

En deux ans de pouvoir le président de l'Union des Copmores a démontré sa capacité de mentir aux comoriens. La décison du procureeur de la République de l'Île Autonome d'Anjouan en dit plus.
Sur les places publiques comme sur les terrasses de cafés, en passant par les mosquées, c'est la surprise totale et surtout chez les fanatiques et les adeptes du maître de Beit Salam. Contacté au telephone pour commenter cette décision, le ministre Abdourahim Said Bacar, un habitué des micros pour jouer le '' Malansurancisme'' s'est refusé à tout commentaire car comme ses collègues du Gouvernement, sont tenus loin des secrets du palais.

J'estime que les comoriens doivent être informés où qu'ils se trouvent sur ce feuilleton de la dernière minute.
Contacté au telephone depuis sa retraite dorée dans l'Île de la Reunion, le colonel Bacar s'est senti conforté d'avoir au bout du fil le candidat Mohamed Djaffar. Une occasion pour l'homme fort d'Anjouan de dire à son interlocuteur ce qu'il pense de lui après l'avoir lâché pendant les moments difficiles. Il faut rappeler que Djaffar a été élu député de l'Union grâce à Bacar comme tant d'autres à Anjouan à l'exemple d'Andoudou et que tous l'ont lâché. C'est Bacar qui a exigé que Djaffar soit élu au poste de vice-président. Piegé lui aussi par Sambi, Djaffar a mis à la disposition de l'Imam ses bateaux pour contribuer à la chute du colonel et obtenir en contre partie, la présidence de l'Île d'Anjouan. Mon oeil, Sambi a décidé autrement et M.Djaffar est contraint de tendre la main à Bacar. Ce dernier, fidèle en l'amitié comme fut Mitterand, a posé comme préalable la liberation des siens et le retour de certains à Anjouan une fois élu. Au même moment, Djaffar a dépêché un de ses lieutenants à Mayotte, le nommé Mouhtar de Sima où se trouve les proches de Bacar pour demander leur soutien et leur promettre '' la lune''. Il s'agit de Mme Roukia, ancienne directrice des douanes, son époux, Salim Magika, Mahmoud Salim Hafi, ancien conseiller de Bacar et autres.

Mais dans les coulisses de Sambi, la nouvelle est tombée et vite le président avec son cercle restreint composé de Dossar, Ahmed Djaffar, Oumbadi et Bastu ont emboîté le pas à Djaffar et ont négocié la libération de ces gros '' poissons'' du séparatisme. Sous le soleil réunionais, la nouvelle a réjouis le colonel Bacar car les personnes liberées lui ont été fidèles jusqu'au bout et c'est une victoire pour lui.

Cette décision de liberer ces '' kabaila'' a suscité une polemique chez des membres du gouvernement, tels que Mamadou, Madi Ali, Abdourahim, Hassane Hamadi, réunis en urgence pour penser à leur sort. Un habitué du café Nassib lâche, je cite '' Mjuwa ye moja be moja ka mwajuwa''. Na mwende nantsi''.

Dans les rues de la capitale, les rumeurs disent que le président Sambi s'apprête à s'adresser à la Nation pour se justifier. Pendant que Caambi, Surette et autres dévorent leur libération, les procureurs Azad et Nidhoim sont reçus par le ministre de la justice le petit prince Mourad pour préparer le déroulement de l'Appel introduit par les avocats des anciens dignitaires du régime Azali qui croupissent en prison pour l'affaire des hydrocarbures. Cet Appel se déroulera devant la Chambre d'Accusation le 18 juin prochain. Composé majoritairement d'anjouanais, cette Chambre est priée de redorer l'image du Rais car comme on le sait, le retour de ces anciens ministres en prison va rejouir les grand comoriens et ça permettra à Sambi de renouer avec l'opinion par rapport à la libération des séparatistes et à la vente de Mayotte par Mroudjaé, Mlahaili et leurs acolytes. Les deux procureurs sont devenus ces dernières quarante huit heures des habitués de Beit Salam mais cela n'inquiète personne. Les supporters de ces anciens ministres prisonniers continuent à épouser le calme et comme leurs tenors, font toujours confiance à la justice et quelles que soient les décisions mais entendent les respecter. Il faut noter que le jour de l'ouverture du procès des Hydrocarbures, le président Sambi a fait irruption au palais de justice, un message qui ne disait pas son nom mais quand même reçu par l'homme fort du palais, le procureur Azad. Tous sont montés à la maison d'arrêt, hués sous la présence du procureur et des Forces de l'ordre.

Pour vaincre l'opinion et faire oublier les dérapages qui ne cessent de surgir après l'opération '' Démocratie aux Comores'', Sambi entend jouer sur ce procès.

La libération des amis de Bacar et pas les moindres est ressentie comme un giffle dans l'ensemble de la population et tout est resté flou. A entendre l'ancien Ambassadeur Dia, président du PANACO, et signataire de la Charte des 12 partis donnant feu vert à Sambi de frapper à Anjouan, les gens ici ont l'impression que notre Ambassadeur avec d'autres sont déphasés et ne savent où mettre les pieds. Pourtant, nous avons tous cru que le beau frère de Sambi, Mohamed Ali Dia, marié avec une anjouanaise il y a plus de 15 ans, a compris cet adage anjouanais, lancé chez Nassib ce matin par un habitué du café '' Hujuwa ye moja Be moja kawajuwa''. Malheureusement non mais avec le temps, il va peut être comprendre.

Djamal
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