Anjouan : un scrutin 'exemplaire' pour la communauté internationale, mais contesté par Djaanfari

Publié le par le mohelien

'Le scrutin du 15 juin 2008 a été régulier, libre, équitable et transparent' a déclaré à la presse le Sénégalais Ahmadou Niadiar Sène, qui dirige la mission internationale d'observation comprenant l'Union africaine (UA), la Commission de l'Océan Indien (COI), la Ligue arabe et l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), ainsi que le chargé d'affaires des Etats-Unis, Georges Sibley.

 

Dans sa déclaration finale, la mission énumère toutefois "quelques imperfections", notamment le retard dans l'acheminement du matériel, "la mauvaise qualité des urnes et isoloirs", "le manque de certains matériels dans quelques bureaux de vote" et "l'emplacement inadéquat de certains isoloirs" – des défauts déjà remarqués lors des derniers scrutins comoriens.

Les membres de la mission internationale ont également salué le "comportement discipliné des électeurs, le respect des procédures et le déroulement correct des opérations électorales". "L'élection a été sans contestation. Nous nous en félicitons et félicitons les autorités et le peuple des Comores", a déclaré le représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Opia Mensah Kuma. L'émissaire de l'Union africaine pour les Comores, Francisco Madeira, a pour sa part estimé que cette élection avait été "exemplaire".

Ce n'est pas l'avis des partisans de Djaanfari. Ce dernier avait déclaré quelques jours avant le premier tour qu'il n'y aurait pas de second tour, persuadé d'être élu dès le premier. Dans une déclaration datée du 16 juin, le candidat issu de Sima reconnaît que "les élections se sont passées sans grands incidents majeurs", mais il constate "plusieurs irrégularités" et dénonce "des provocations". "Plusieurs irrégularités dans le Nioumakelé notamment à Ongojou et Mramani, objets de réclamation auprès de la Cour constitutionnelle, sont le témoignage d'un appareil de fraudes organisés", estime-t-il. "Le faible taux de participation qui avoisine les 35% s'explique simplement par la lassitude d'une population qui rejette un président de l'Union qui promet trop et qui ne tient rien. Pour nous, c'est une forme de sanction qui en dit long sur l'impopularité de Sambi. Malgré les moyens octroyés par le président à l'état major de Moussa, composé de ministres, de directeurs des sociétés d'Etat et même de mercenaires de l'ombre", il estime être arrivé en tête du scrutin, malgré les annonces de la Commission électorale.

Selon lui, "des manipulations sont en cours afin de voler cette victoire, ou du moins à faire passer Moussa comme le gagnant du premier tour." Djaanfari estime être arrivé en tête dans le Nyumakele et à Ouani.

Il appelle "la population de N'dzouani à faire barrage à Sambi et à préserver l'autonomie de l'île dans l'Union des Comores, pour la défense de l'intégrité de notre territoire".

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