Le procès des Hydrocarbures dans sa phase décisive, et celui de Bacar presque à sa fin avec les mêmes surprises que celles de la fin d'un mauvais roman.
LIBRE OPINION
Le procès des Hydrocarbures dans sa phase décisive, et celui de Bacar presque à sa fin avec les mêmes surprises que celles de la fin d'un mauvais roman.
Pendant que Caabi, Surette, Mirghane, sous l'mbre de Mohamed Bacar accusés de tortures et de viols sur la population anjouanaise ont retrouvé la liberté, la justice à la Sambi "Mahakama yakwelu", continue son chemin pour couper les têtes des dignitaires de l'ancien régime. Nous nous rappelons tous de l'interview du ministre Ahmad Djaffar en visite à l'Île de la Reunion, accordée à Frederique Seigle le 23 avril 2008, laquelle, il a insisté sur les crimes commis à Anjouan par Bacar et son entourage dont font partie ces hautes personnalités citées ci-dessus. Son interview s'est résumée en une seule phrase, je cite :Nous voulons rendre justice aux victimes de la dictature Bacar.
Au moment où Abodo Soefo et Msaidié attendent leur sort le 02 juillet prochain, dont le verdict est trop commenté en avance dans la rue, la demande d'extradition formulée par l'Union des Comores qui a demandé que Mohamed Bacar soit jugé sur le sol comorien est rejeté. Celui qu'on accuse de criminel peut obtenir asile quelque part dans les jours à venir. Dans les rues de Moroni, ce refus n'intéresse personne car les chef d'accusations imputés à Bacar sont aux yeux d'une grande partie de la population les mêmes que celles de ses amis Caabi, Surette et Mirghane( frère du conseiller privé de Sambi) pourtant ils sont libres. Cet employé de Café Nassib lâche, je cite: Tant mieux pour Bacar même s'il n'a pas les cheveux lisses comme les autres.
En effet, ce mercredi 18 juin 2008, la Chambre d'Accusation de la Cour d'Appel de Moroni s'est penchée sur le procès des Hydrocarbures qualifié du procès de Nuremberg par le jeune procureur de la République, Azad Mohamed.
Dans un réquisitoire sévère, le procureur Azad aux allures d'un juge Halphen qui, souvenons nous, a fait trembler la France et qui s'est converti enfin en politique après avoir compris que même dans les pays réputés en démocratie la justice a elle aussi ses pièges et ses dessous, le procureur Azad n'a pas manqué l'occasion de fustiger les dignitaires de l'ancien régime et faisant de ce procès, le procès du siècle dans les milieux judiciaires de l'Union des Comores.
Je ne commente pas ici la décision de la justice et en particulier le réquisitoire du procureur étant donné que je fais confiance à la justice de mon pays, par contre je pense que pour mieux comprendre l'ampleur de ce procès, il faut tout de même comprendre la nature du procès de Nuremberg.
J'ai la ferme certitude que le procureur de la République en sa qualité de Magistrat sait de quoi il parle mais il est de notre devoir de chercher à comprendre.
Il s'agit d'un procès organisé par les vainqueurs de l'Allemagne Nazi du 20 novembre 1945 au 10 octobre 1946. Le tribunal a été crée à Londres, le 08 août 1945. Vingt quatre personnes nazies sont jugées. Ces hommes sont accusés de :
. Crimes contre la paix, c'est-à-dire d'avoir décidé, préparé, organisé la guerre.
. Crimes de guerre, c'est-à-dire d'avoir violé les règles de la guerre en exécutants des prisonniers de guerre, par exemple en ne respectant pas les Conventions de Genève.
. Crimes contre l'humanité, c'est-à-dire d'avoir organisé les déportations et le massacre systématique de populations désarmées, en particulier dans les camps de concentration et d'extermination.
Les juges sont des français, des américains, des anglais et des russes.
Comparant Msaidié à Herman Göring, chef des S.A ( Sections d'Assaut), d'Hitler et qui s'est suicidé dans sa cellule pour échapper à la pendaison, et d'Abodo Soefo à Wilhelm Frick, ministre de l'intérieur du Reich dans le premier gouvernement de Hitler, pendu après le procès de Nuremberg, les personnes présentes ce matin au palais de justice se sont vite remémorées du réquisitoire du procureur il y a 6 mois de cela, et avouent que le procès des hydrocarbures est loin d'être celui de Nuremberg. Des dockers qui ont de la sympathie ave l'ancien ministre Msaidié sont allés loin car ils estiment, je cite comment on emprisonne des gens reprochés de malversations financières au cours de l'exercice de leurs fonctions et laisser libres ceux qui sont reprochés de tortures et de violes sur la population anjouanaises? Ces dockers faisaient allusion à la libération de Caabi, Surette et du frère du conseiller privé de Sambi, tous les trois, des fidèles du premier cercle du colonel Bacar.
Ce sujet a été bien discuté au palais de justice et je peux dire qu'on lisait sur les visages de tous, une colère qui ne disait pas son nom et qui, me semble-t-il ne tardera pas de se manifester, le rythme où s'accélèrent les choses.
Il est clair que le procureur n'a pas cité les noms de Herman Göring et Wilhelm Frick mais ces deux accusés furent le cerveau du procès de Nuremberg et les magistrats l'ont prouvé en première instance et aujourd'hui en appel.
Il n'est pas un secret pour personne, Sambi et son gouvernement qui ont toujours repoussé la date de cet Appel, ont fini par accepter afin de redorer l'image du Rais par rapport à la libération des trois hommes confidents du colonel Mohamed Bacar. Sambi a vite compris que le retour en prison des anciens dignitaires du régime Azali et la condamnation par contumace de ceux qui ont réussi à s'échapper, sera bien accueilli par les grand comoriens et leur feront oublier la transaction qu'il a opérée sur Mayotte moyennant quelques euros, ce qui lui a valu de nombreuses critiques et accusé de traître. Il ne faut pas oublier que pendant sa campagne, Sambi a fait de la justice une de ses priorités même si l'on a vu tous son poulain, Salim Ali Chahid, auteur du rapport qui a condamné aujourd'hui les anciens ministres d'Azali, sortir libre de la prison et lavé de toute soupçon après avoir été attrapé la main dans le sac dans l'affaire Nester. Nommé par decret pour diriger la dite Societé, Salim en accord avec un malgache qui s'est vu attribuer une licence de vendre du carburant aux Comores par le pouvoir Sambi, ils ont tous les deux détourner des millions de francs comoriens. Un feuilleton judiciaire les a condamné à trois mois de prison ferme et vite ils ont trouvé leur liberté sans que les ministres concernés soient entendus comme l'a suggéré au juge, le tout puissant Salim. La justice à lever le pied et Salim demeure jusquaujourd'hui, l'un des hommes forts du régime mais dans l'ombre.
Hués, humiliés et bannis par le peuple le jour même de l'investiture du président Sambi, les dignitaires de l'ancien régime se sont vu interdire de quitter le territoire et Sambi a saisi l'occasion de les jeter en prison. Un geste qui a fait monter sa cote de popularité et entend toujours jouer sur ce dossier pour récupérer une opinion qui le lâche du jour au jour. Mais, ce matin au palais de justice, la lecture n'est pas la même.
Ce que tout le monde se demande ici, comment on peut continuer à croire à une justice qui, selon l'exécutif, est corrompue ? Le discours prononcé récemment par Sambi à Mbeni accusant les juges de corrompus est également au menu des discussions. Maître Harmia, avocate de l'Etat dans l'affaire Hydrocarbures est allée loin car elle a même dit récemment après sa mise en examen que les autorités actuelles font la même chose que leurs prédécesseurs en matière de finance si elles ne font pas pires. Et à la grande surprise du public, c'est la même Harmia qui défend les intérêts de l'Etat ce matin au palais de justice. Quelle planète vivons-nous, s'étonne un jeune présent à l'audience.
Ceux qui ont participé à cette audience se sont bien sûr se rappeler de la fameuse conférence de presse tenue par Maître Harmia aux côtés du vice président Idi Nadhoim dénonçant l'impartialité de la justice et de la main mise du président Sambi sur le parquet. Harmia qui n'avait pas la langue dans sa poche a declaré je cite: comment voulez vous que la justice soit crédible avec un ministre qui au Maroc, je doute qu'il n'a appris que manger de la sardine. Et de continuer quand au ministre des finances Mamadou, c'est une tête vide et c'est moi qui l'aidait à faire ses devoirs à l'école.
Et aujourd'hui, sans partie prise, nous avons tous lu sur les visages des comoriens présents dans cette audience un dégout vis-à-vis des autorités de l'Union. On les qualifie d'amateurs. Je ne veux pas commenter la décision de la justice ici mais au rythme où vont les choses, on va droit à l'échec. La Chambre d'Accusation a rendu un non lieu à plusieurs dignitaires de l'ancien régime pour vice de forme sur ce procès, ce qui n'a pas plu au ministre Mourad et son petit cercle composé du procureur Azad, du procureur général Nidhoim et quelques juges comme Djounaid, Maoulida Djoubéir
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Seuls les deux anciens ministres Msaidié et Abodo Soefo sont retournés en prison. Ces derniers se sont lâchés pendant l'audience et ont révélé des choses sur l'actuel régime qui ont surpris tout le monde. Face à l'impuissance des magistrats de la Chambre d'Accusation, les deux anciens ministres ont reproché la justice de vouloir leurs têtes au moment où ils disposent des preuves mettant en cause les proches de Sambi sur de détournements de haut niveau et mieux organisé.
Le retour en prison de ces deux dignitaires du régime Azali a soulagé le gouvernement Sambi et parlent d'une victoire. Par rapport à leur première audience en première instance, celle-ci n'a pas eu l'adhésion du public. On reproche Sambi de vouloir incarcérer des personnes qui ont commis des malversations dans l'exercice de leurs fonctions de ministres et laisser en liberté ceux qui ont défié la République et qui ont empêché Sambi de mettre ses pieds sur une partie du territoire comorien alors qu'il est le président de l'Union. Pour la première fois dans cette affaire, les gens présents dans la salle d'audience ont applaudi les accusés, une manière d'interpeller les juges sur ce qu'ils appellent, je cite: CENEMA MASERA.
Sambi a toujours cru que le retour de Msaidié et Abodo Soefo va faire oublier la crise qui menace et saisir l'occasion pour redorer son image et renouer sa popularité envers ce peuple qui a cru à ses rêves , malheureusement les choses se sont passées autrement et l'alternative qui lui reste c'est de faire élire son candidat Bébé Moussa Toybou, une sorte d'oxygène.
Le délibéré du 02 juillet est attendu par tous et les avis sont partagés. Il faut le rappeler que chez nous ici, certains sont ceux qui n'écartent pas l'hypothèse d'une visite surprise du président Sambi au palais de justice ce jour J comme il l'a fait le jour de l'ouverture de ce procès en première instance. Ce n'est qu'une hypothèse mais qui ressemble à une vérité.
Djamal