Djanffari: "on m' a volé ma victoire "
- Un mois après le premier tour de l'élection présidentielle d'Anjouan, et une semaine après l'investiture par la Cour constitutionnelle de M. Moussa Toybou à la tête de l'exécutif de l'île, son challenger, Mohamed Djaanfari, persiste à considérer que le pouvoir du président Sambi lui a volé sa victoire. Dans une interview exclusive qu'il a accordée à HZK-Presse et La Gazette des Comores, M. Djaanfari qui s'apprête à fonder son parti politique, fait un procès accablant au président de l'Union et demande la démission des juges constitutionnels.
Question : La Cour constitutionnelle a validé l'élection de Moussa Toybou, avec plus de 52% des suffrages. En contestant ces résultats ne risquez-vous pas d'être accusé d'être un mauvais perdant ?
M. Mohamed Djaanfari : Absolument pas. Rappelez-vous qu'en juin 2007 tout le monde refusait la tenue de l'élection à Anjouan par crainte des fraudes massives que le colonel Bacar préparait pour se succéder à lui-même. Nous étions tous favorable au report du scrutin à une date ultérieure, y compris le chef de l'Etat, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Or à ma grande surprise, je constate que ce même président Sambi a agi de la même manière que Mohamed Bacar, sinon pire, en faisant élire par la fraude et la corruption, son candidat Question : Mais vous n'avez su apporter aucune preuve convaincante à la Cour constitutionnelle pour justifier vos allégations de fraudes massives ? Que s'est-il réellement passé ?
M. Djaanfari : J'ai fait introduire ma requête avec toutes les pièces à conviction, dont des documents photographiques et audiovisuels sur CD, le mercredi 2 juillet à 13 heures, et à ce moment là, j'étais stupéfait d'apprendre que les membres de la Cour avaient déjà siégé et statué avant de les avoir examinés, et que même les invitations étaient lancées pour l'audience de publication des résultats définitifs. Or à ma connaissance, jusqu'à lundi la nouvelle Cour n'était pas encore entrée en fonction et sa légalité était mise en cause, malgré la présence sans mandat de certains membres du bureau de l'assemblée de l'Union à la prestation de serment des nouveaux membres de la haute juridiction.
Question : que reprochez-vous au régime du président Sambi ?
M. Djaanfari : Je pensais qu'après le débarquement militaire réussi pour libérer Anjouan, on allait rétablir la paix et la stabilité pour pouvoir engager l'île sur la voie de son développement. Mais la mascarade électorale du mois dernier et la chasse aux sorcières qui en a suivi risque de réveiller les vieux démons et créer des frustrations inutiles au sein d'une population qui n'aspire qu'à sortir de la misère. Ce n'est pas normal que des fonctionnaires soient privés de salaire pendant 6 mois et que l'on continue à punir ceux qui n'ont pas soutenu le candidat du pouvoir, par des affectations arbitraires, des licenciements abusifs qui ne sont pas de nature à apaiser un climat social déjà tendu.
Question : Que proposez-vous ?
M. Djaanfari : Il faut d'abord résoudre la crise née de l'affaire de la Cour constitutionnelle, dont les membres doivent se démettre, car tant que cette condition ne sera pas remplie il sera difficile d'envisager la tenue sereine de la conférence nationale prévue après l'élection présidentielle d'Anjouan. Les chefs élus de la plupart des institutions de la république refusent d'y participer, ainsi que de nombreux partis politiques. L'on risque de mener le pays à de nouveau soubresauts politiques, si le président Sambi ne se résout pas à se comporter en homme juste, démocrate et transparent dans la gestion des affaires de l'Etat. Où est sa « lumière verte » qu'il a promise aux comoriens lors de son investiture ?
Propos recueillis par El-Had S. Omar - 150708/eso/hzkpresse/6h00
notre commentaire : le candidat djanffari apporte des preuves accablantes , son témoignage fait froid au dos ..Eh bien alors là !!! la cour sambiste méprise à ce point la démocratie!!!!!