Que sont elles devenues nos ‘’têtes pensantes’’ ?

Publié le par l'anjouannais


Lundi 28 juillet 2008, Mahamoud Ibrahim, Docteur en Histoire, a publié un article dans HZK presse intitulé ‘’ De la citoyenneté économique : ou de l’hospitalité comorienne version Sambi’’. Un article qui a suscité un long débat et qui a réveillé certaines consciences face au danger qui guète le pays il y a deux ans, jour pour jour depuis l’investiture du président Sambi. Dans ce Café en face de l’Assemblée de l’Île Autonome de Ngazidja où je suis un habitué, le débat est très animé. Toutes les voix s’élèvent contre le silence de nos ‘’ intellectuels’’ qui contribuent à leur manière dans ce ‘’ génocide’’ programmé par Sambi pour exterminer tout un peuple.
Or nous savons tous que dans une dérive pareille, la prise de parole de l’intellectuel est indispensable. Un silence que vient de briser l’écrivain et historien Mahamoud Ibrahim, fort critiqué par les quelques têtes pensantes que nous avons au pays. Et si on leur demande les raisons de leurs critiques, leur réponse est simple : ‘’ nous sommes peut être les mieux placés pour occuper les Hautes fonctions de l’Etat et nous voilà au bas de l’échelle’’. Une réponse qui ne satisfait pas l’homme de la rue car cela se résume dans ce qu’on appelle de ‘’calculs politico-politiciens’’.
Ces ‘’intellectuels’’ qui ont accompagné Sambi dans cette triste aventure de sacrifier tout un peuple avec leur silence complice, sont coupables et je leur dis ici sans haine et sans passion qu’ils auront eux aussi un triste rendez vous avec l’histoire comme le Mollah Sambi.
Ces ‘’ intellectuels’’ sont respectés chez nous et ont un rang bien élevé que celui des notables. Ils ont une place de choix dans toutes les manifestations du pays, coutumières ou religieuses, même si la plupart n’ont pas accompli le grand mariage. Je pense que je ne suis pas le mieux placé pour dénoncer ces ‘’ têtes pensantes’’ étant donné mon niveau d’instruction que je reconnais bas mais puisque les calculs politiques des uns et des autres empêchent cette catégorie de gens de sortir de leur silence, alors je prends le risque de m’exposer devant l’histoire.
On nous a toujours dit qu’un intellectuel est une personne qui, du fait de sa position sociale, dispose d’une forme d’autorité et s’engage dans la sphère publique pour défendre des valeurs. Autrement dit c’est un individu qui interprète le monde à sa façon en proposant le plus souvent des solutions pour l’améliorer.
Cette définition doit interpeller nos ‘’têtes pensantes’’ pour venir en aide à un peuple qui s’est laissé berner dans des rêves et qui paie cher aujourd’hui sa détermination de vouloir changer les choses avec un rêveur nommé Sambi.
Ces ‘’ têtes pensantes’’ ne ratent pas l’occasion de nous faire comprendre que les politiques ont échoué et qu’il faudra une autre alternative. Et la question que j’aimerai leur poser ici, c’est de nous dire avec qui, cette alternative doit elle s’opérer, si l’on sait que tout le monde est à l’attente d’un poste ministériel ou autre, source de ce ‘’ silence suicide’’.
Heureusement que dans les pays nous avons des politiques qui osent rappeler le pouvoir Sambi à l’ordre même si le président lui-même entend faire tout à sa tête.
La situation dramatique à laquelle traverse le pays ne doit laisser personne dans l’indifférence. Où sont elles passer nos ‘’ têtes pensantes’’ telles que Dr Djaffar Madi, Dr Ouledi, le philosophe Ismael Ibouroi, Dr Ainoudine, directeur général du CNDRS, Younoussa Ben Imane, Mme Moinaecha Cheikh, professeur à l’Université des Comores, Dr Mohamed Rachad, président de l’Université des Comores, le linguiste Chamanga, Dr Said Bourhane, Doyen de la Faculté Imam Chafiou, Dr Abdoulhakim, professeur à l’Université des Comores, Dr Moussa Said, également professur d’Université, pour ne citer que ceux là. J’ai le sentiment qu’ils agissent comme leur ami et collègue Dr Kamal Afretane qui a vu son heure sonner avec les nouvelles fonctions de ministre de l’éducation qu’il occupe aujourd’hui. Que nos grands frères sachent qu’ils ont une grande part de responsabilité face à l’histoire.
Derrière ces ‘’ têtes pensantes’’ se cachent aussi des hommes comme Djaé Ahamada, directeur du jornal Al Watwan qui lui aussi se range dans le rang des intellectuels pourtant il musèle le journal et ‘’ étouffe’’ les journalistes. Elevé lui aussi dans le Malansurancisme comme l’a écrit un jour Hamada Madi, traduit devant un juge d’instruction pour l’avoir dénoncé, Djaé contribue à sa manière à ce ‘’ génocide’’. Ou encore, ‘’ l’éminent journaliste’’ Ben Abdou Said qui, dans ses éditos taillés à la sambiste continue à tromper le peuple en nous faisant rêver. Même si les gens qui font à pied Moroni- Mitsamiouli ou Moroni Hamanvou, passent sous sa fenêtre dans son bureau de la Maison de la radio et de la télévision mais continue à ignorer la crise du carburant, pourtant ils sont les premiers victimes des coupures du courant. Mais comme la mission de Djaffar, Top modèle à la tête de la TNC est de l’utiliser au service du Mollah, alors il faut mentir.
Tout ce monde est au service d’un Mollah nommé Sambi. Ce dernier a usé toutes les cartes pour arriver au pouvoir et même s’est servi de Dieu et du Saint Coran pour convaincre un peuple croyant et sensible à tous ceux qui sont capables de réciter quelques versets. Nous avons vécu le cas Taki et El Bak.
Et puisque Sambi s’est servi du Saint Coran alors qu’on a fini tous de savoir son ultime but, alors je lui dis de jeter un coup d’œil sur les Versets 204, 205 et 206 du Sourate2 : La vache ( Al-Baqarah) :
Verset 204 : ‘’Il y a parmi les gens celui dont la parole sur la vie présente te plaît, et qui prend Dieu à témoin de ce qu’il a dans le cœur, tandis que c’est le plus acharné disputeur’’.
Verset 205 : ‘’ Dés qu’il tourne le dos, il parcourt la terre pour y semer le désordre et saccager culture et bétail. Et Dieu n’aime pas le désordre’’.
Verset 206 : ‘’ Et quand on lui dit ‘’ Redoute Dieu’’ l’orgueil criminel l’empara de lui, l’Enfer lui suffira et quel mauvais lit, certes’’.
Voyez-vous, sans vouloir enfoncer le premier Magistrat du pays, le Mollah Sambi, notre devoir est de lui rappeler qu’il se trouvera un jour comme nous tous devant Dieu et que ces versets doivent lui faire réfléchir sur son orgueil.
Djamal
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