COMORES : Sambi touche le fond
La pénurie sans précédent de produits pétroliers qui sévit depuis la suspension du contrat avec Total en juin (LOI nº1240) a mis à genou l'économie comorienne, déjà structurellement fragile. Tous les secteurs sont paralysés, les prix des denrées alimentaires encore présentes sur les marchés enregistrent des hausses vertigineuses, les rares véhicules de transport en commun qui se sont procurés un peu de carburant ont multiplié leurs tarifs par quatre, les commerces n'ouvrent que quelques heures par jour faute de clients. Moroni et sa proche banlieue sont éclairés seulement trois heures par jour, la compagnie Ma-Mwé n'étant que parcimonieusement approvisionnée en carburant par la Société comorienne des hydrocarbures (SCH).
Pour la première fois depuis l'avènement du président Ahmed Abdallah Sambi, les Comoriens ont bruyamment manifesté à Moroni, le 25 juillet, à l'appel des syndicats, pour marquer leur ras-le-bol face à la pénurie des produits pétroliers et à la vie chère. Des portraits de Sambi édités par la firme Al-Marwan (LOI nº1238) ont été brûlés. Le 31 juillet, Sambi a été copieusement hué à Anjouan sur la route de l'aérodrome au passage de son cortège. Le président de l'Union est resté terré à Anjouan jusqu'au 12 août, date à laquelle il a regagné Moroni, peu après l'arrivée d'une petite cargaison de produits pétroliers de dépannage en provenance du Kenya. Mais l'ampleur de la crise l'a privé du voyage à Pékin où il devait se rendre pour l'ouverture des Jeux olympiques.
En prévision du Ramadan qui débute le 2 septembre, le gouvernement de l'Union a négocié, le 15 août, un prêt à court terme de 3 millions $ auprès d'Al-Marwan, afin de pouvoir acheter en urgence des produits pétroliers.
Source: L.O.I