Programme Mohelienmouvement2010 1er parti
Programme Mohelienmouvement2010 1er parti
Une population qui, au dernier recensement général de 2003, est estimée à 575.600 âmes, inégalement reparties entre les îles : La Grande Comores en compte 296.177, Anjouan 243.732 et 35.751 pour Mohéli, avec un taux d'accroissement annuel moyen de 2,1% et une densité moyenne de 309 habitants/km2 qui atteint même 575 hab./km2 à Anjouan.
Les jeunes de moins de 20 ans représentent 53% de la population et 42% pour les moins de 15 ans, ce qui pose d'énormes défis aux Comores pour la prise en charge de la jeunesse en matière d'éducation, de santé, de nutrition, d'emploi ou de loisirs. En faire la principale préoccupation ne serait donc pas discriminatoire, au contraire cela constitue une nécessité absolue.
La dette extérieure de ce « pays de jeunes », est passée de 185 millions de dollars US en 1990 à 264 millions de dollars US en 2004, soit 71% du Produit intérieur brut et 520% des exportations des biens et services, y compris les arriérés de paiements extérieurs.
En ce qui concerne la dette intérieure, elle atteindrait en 2004 plus de 8 milliards de francs comoriens incluant des salaires des agents de l'Etat qui cumulent plus de 20 mois non payés.
Il est donc clair que certains choix prioritaires s'imposent malgré le risque de tomber dans le populisme et le clientélisme et c'est véritablement ici où enfin doit se dessiner le choix des Comoriens.
Nous devons réussir à recréer l'espoir si nous relançons énergiquement et définitivement les efforts d'assainissement, de maîtrise de nos dépenses et une justice pour un ordre juste qui permette à nos partenaires de mieux nous accompagner dans la lutte contre la pauvreté pour les Objectifs du Millénaire pour le Développement tel que convenu aux Nations Unies.
Je serai candidat à la candidature pour la magistrature suprême de mon pays en 2010 si mes amis politiques au premier chef desquels les formations politiques auxquelles je me sens proches ainsi que tous ceux qui m'ont toujours fait confiance, me désignent pour être celui qui porterait l'espoir des Comores 2010. Surtout si à Mohéli comme en 2004, une mobilisation claire et nette se fait visible pour un pays uni. Cette condition m'est très chère parce que l'expérience que j'ai vécue m'a fait comprendre que pour réussir quelque chose chez nous, il faut absolument un minimum de consensus. La paix civile est une condition sans laquelle rien n'est possible chez nous.
Mchangama, ancien président de l'Assemblée Fédérale, avait l'habitude de me dire qu'aux Comores, un chef n'est que le premier parmi des égaux et non pas nécessairement le meilleur de tous.
Cette candidature se voudra celle d'un patriote averti, certes d'un homme encore jeune pour les plus hautes fonctions de l'Etat mais dont l'expérience dans les affaires de l'Etat aura permis à notre pays de renouer avec l'espoir et d'ouvrir la porte aux nouvelles perspectives prometteuses pour une jeunesse complètement perdue au milieu d'un océan où la même survie est compromise.
Ma candidature si elle se concrétise, sera celle de la rupture de la politique de la haine, du dénigrement et de règlement de comptes. Elle sera celle des changements pour une autre façon de faire la politique. Une politique qui s'inspire de la vérité et non du mensonge. Une politique d'amour contre la haine, une politique de franchise. Ce sera désormais le volontarisme.
Aujourd'hui, il est urgent plus qu'hier que nous osions dire haut et fort nos maux, mais sereinement. Il n'y a plus de place au « politiquement correct » juste pour plaire. Plutôt, les Comores ont besoin du « correctement politique ». Dire vrai et faire juste, doivent désormais constitués les fondements de toute action gouvernementale.
Ainsi, la femme comme les jeunes doivent avoir une place de choix dans la gestion de notre pays et je suis persuadé que la communauté internationale continuera à nous accompagner si nous nous montrons suffisamment conscients du temps que nous avons perdu pour mettre à profit le peu d'espace que notre pays peut revendiquer dans un monde de plus en plus globalisé et en finir avec les petites querelles pour s'occuper de ce qui nous unit pour le développement des Comores.
Cessons de chercher, de fantasmer même sur nos défauts, sur nos divisions. Les divergences existent et heureusement qu'elles existent. Toutefois, les convergences doivent prendre le dessus.
La formation universitaire, la formation professionnelle pour les jeunes et les stages de formation et de recyclage pour les cadres de notre administration, doivent être désormais au centre de la préoccupation de l'Etat parce que le capital humain constitue sans aucun doute, l'épine dorsale de la réussite de l'action gouvernementale.
Pour cela, l'université des Comores doit être réhabilitée et soutenue par le gouvernement pour qu'elle s'insère encore plus dans le cadre universitaire régional et profitant de nos excellentes relations avec le monde européen et arabo-musulman ; nos étudiants doivent avoir la possibilité de côtoyer d'autres camarades étudiants pour mieux connaître d'autres mondes. Elargir les connaissances générales des promotions à venir permettra à notre pays de cesser d'étonner et de toujours être inventif dans le mauvais côté. Aussi, cela ramènera sur terre certains qui n'auraient connu que les Comores et sa culture.
La valorisation du travail par la promotion de l'excellence condamnera les jeunes générations à prendre en compte la modernisation de l'administration publique et privée et ainsi promouvoir une société basée sur l'effort et non sur le clientélisme. Je suis presque tenté de dire que notre jeunesse a une chance sans précédent de vivre dans un monde où les nouvelles technologies d'information et de communication ne laissent aucune place à l'obscurantisme ambiant.
Ceci expliquant cela, des véritables, profondes et radicales réformes seront nécessaires pour davantage professionnaliser les domaines, tels la sécurité, la justice, les transports ou le tourisme.
Les forces de sécurité, l'armée comme la police nationale, doivent absolument retrouver leur dynamisme en responsabilisant des officiers capables de restaurer l'esprit républicain et la discipline y régnera, contrairement à l'état d'esprit que les nouvelles autorités ont réussi à instaurer en transformant les forces de sécurité en des institutions politisées. Le concours de nos partenaires traditionnels et d'autres partenaires sera nécessaire pour stimuler d'autres ambitions catégorielles de notre jeunesse en mal d'option pouvant leur garantir une vie future meilleure.
L'Etat va devoir prendre désormais l'option de renverser la tendance dirigiste pour une tendance libérale mesurée qui tiendra compte des acquis sociaux de ces dix dernières années.
Une véritable réforme fiscale qui allègera les petites et moyennes entreprises ainsi que les petits commerces individuels tout en les contraignant à embaucher et ainsi participer à la politique de lutte contre l'oisiveté et le chômage des jeunes, doit être menée sans complaisance. Elle doit être même au cœur de l'activité économique et institutionnelle.
Cette réforme doit avoir pour principal objectif, la fixation d'un bouclier fiscal très léger dont le manque à gagner sera compensé par un élargissement de l'assiette fiscale. Les administrateurs de la fiscalité seront conviés à proposer des nouveaux procédés devant relancer la croissance par la consommation permettant à l'Etat de libérer les initiatives privées pour enfin récolter les dividendes.
Ainsi, les contributions obligatoires fonctionnaires de l'Etat, doivent être revues à la baisse pour rehausser de quelques points significatifs leur pouvoir d'achat, tandis que les entreprises soient libérées de certaines charges obligatoires afin de leur permettre de financer d'autres investissements surtout dans le recrutement des jeunes diplômés. L'ensemble des services fiscaux doit être convié à des assises nationales auxquelles doivent s'y joindre des experts internationaux.
Parmi les propositions qui pourraient être soumises aux techniciens, celle qui consisterait à imaginer un procédé par lequel les entreprises privées puissent être complètement exemptées d'impôts mais en même temps affecter les ressources financières libérées au recrutement obligatoire des jeunes diplômés et des fonctionnaires déclassés sous certaines conditions, serait centrale. L'Etat doit désigne par exemple des comptables qui s'assureront qu'une partie des charges libérées a bel et bien été affectée aux ressources humaines. L'objectif d'une telle série de mesure serait d'inciter à la consommation en donnant un coup de pouce au pouvoir d'achat.
Il faudra dire la vérité aux comoriens notamment que les vrais résultats n'apparaîtraient concrètement et réellement qu'en quatre ans de labeur ou même plus.
Pour les entreprises publiques, le comité interministériel pour les privatisations devra faire son retour et une politique réfléchie et soutenue pour accompagner ses premières mesures seraient mise en place. L'Etat doit se donner d'ailleurs comme obligation d'apporter un soutien et un appui constant aux opérateurs économiques désireux de prendre part à la libéralisation des capitaux des sociétés à capitaux publics. Il conviendrait désormais d'engager les Comores dans une politique fiscale, monétaire et économique la plus volontariste jamais imaginée jusqu'à là afin de stimuler la création des richesses.
Il faudra se débarrasser définitivement du complexe et du mystère qu'ont les comoriens sur la richesse en général et l'argent en particulier. L'Etat doit accompagner, encourager l'émergence d'une classe moyenne forte, intelligente et riche. Une classe intermédiaire entre la fine minorité aisée et la majorité qui souffre. C'est cette classe composée par une majorité de moins de 45 ans qui doit constituer le cercle autour duquel toutes les réformes doivent être menées et pour lesquelles l'Etat doit s'engager.
Il est évident qu'il faudra aussi donner des garanties aux partenaires sociaux pour les rassurer et les rendre moins sceptiques du sentiment empirique des conséquences d'un libéralisme affiché. Voilà pourquoi, aussitôt le nouveau pouvoir mis en place, des négociations franches doivent être engagées avec les partenaires sociaux de l'Etat pour adopter un modus vivendi, une plate-forme, un pacte social bien clair et défini dans le temps, pour éviter les conflits sociaux comme ceux des syndicats des enseignants.
Pour être en mesure de changer la situation économique de notre pays, il serait malvenu de proposer des « mesurettes » ou même de proposer des mesures qui ne dépassent pas celles prises déjà par nos voisins immédiats. A défaut de pouvoir immédiatement les concurrencer sur la croissance économique et la qualité de la vie, il serait tactiquement opportun et urgent que nous les devancions sur les facilités à créer de la richesse.
Fort de l'expérience que j'ai eu la chance d'acquérir, je demanderais d'ores et déjà à tous ceux de la diaspora comorienne à l'étranger de prendre la mesure des dangers qui guettent leurs familles restées aux Comores s'ils finissent par se décourager et par abandonner leurs efforts constants en vue de soutenir leur pays. Une organisation des états généraux de notre diaspora pour discuter très profondément de leur apport et de leur participation active à la gestion de la cité, doit être envisagée. Il serait quand même équitable de leur permettre enfin de pouvoir investir chez eux tout en leur accordant les facilités requises avec toutes les garanties.
Un cadre de concertation entre les populations des îles, suivie d'un cadre d'échanges entre les jeunes et moins jeunes des quatre îles, doit être mis en place pour consolider notre unité et parler de nos différences qui, au lieu de nous diviser, doivent nous permettre de consolider notre union pour faire face aux nouveaux défis de la mondialisation et surtout pour restaurer la confiance et le respect entre les populations des îles. L'autonomie de nos îles doit constituer justement la garantie de notre unité et non le contraire.
Nous devons faire tout pour que notre pays s'intègre encore davantage dans sa région de l'Océan Indien et profite des grandes opportunités de nos voisins immédiats pour consolider nos relations de bon voisinage.
Nous ne devons ménager aucun effort pour que notre pays joue pleinement son rôle au sein des instances internationales auxquelles nous sommes affiliés notamment, l'Union Africaine, la Ligue des Etats Arabes, l'Organisation de la Conférence Islamique et l'Organisation Internationale de la Francophonie.
Une diplomatie au service du développement basé sur le respect de nos partenaires bilatéraux au premier rang desquels la France, la République Populaire de Chine, les Etats-Unis d'Amérique, la Fédération de la Russie, l'Allemagne, l'Afrique du Sud, l'Egypte, l'Arabie Saoudite, Les Emirats, le Koweït, la Libye, le Maroc, le Sénégal, le Togo et tous les autres pays amis des Comores, doit trancher définitivement avec celle de la mendicité pour redonner à notre pays son image d'un Etat responsable.
HAMADA MADI BOLÉRO