La revision constitutionelle portera sur trois points, selon Sambi

Publié le par l'anjouannais


La revision constitutionelle portera sur trois points, selon Sambi
« Avec ou sans moi, on devra un jour réviser cette constitution. Autant donc le faire maintenant » a déclaré, mercredi, le chef de l'Etat au cours de la traditionnelle réception de Beit-salam à l'occasion de la fête de l'Ide. Il a enfin dévoilé les amendements qu'il voudrait bien apporter à l'actuelle loi fondamentale ; ils portent sur trois principaux points :

- Alléger la superstructure de l'Etat en supprimant toutes ces institutions qui lui paraissent « de trop » pour un si petit pays (quatre présidents, quatre parlements, quatre gouvernement,...)

- Regrouper les élections pour des considérations économiques. « Le pays ne peut pas se payer le luxe de tenir chaque année une élection alors qu'il est pauvre. On ne peut pas chaque fois nous tourner à la communauté internationale pour financer ces scrutins. Au rythme actuel des choses, nous aurions dû organiser, cette année, des législatives à Anjouan et Mohéli, puis tenir les législatives de l'Union en 2009, ensuite le scrutin présidentiel en 2010. Ne serait-ce que la dernière présidentielle, elle nous a coûté 300 millions ». C'est ainsi que le président Sambi a-t-il justifié ce regroupement des élections.

- Le dernier point porte sur la possibilité pour le président (et vice-versa) de dissoudre l'assemblée de l'Union. « De nombreux députés se comportent aujourd'hui comme des opposants. Pour leur dernière session, ils n'ont voté qu'un seul projet de loi. Ils ont rejeté tous les projets de loi que nous leur avions soumis, notamment celui de la citoyenneté économique qui nous aurait apporté beaucoup d'argent. Il faut donc que le président ait cette possibilité de dissoudre le parlement s'il estime qu'il constitue un frein au développement du pays ».

Selon lui, si la classe politique refuse de collaborer dans le cadre de cette révision constitutionnelle, il s'engage à soumettre le texte à référendum. « C'est vous qui aurez le dernier mot » a-t-il lancé en direction de la population.

Le chef de l'Etat a déclaré qu'il n'a aucune intention de prolonger son bail à Beit-salam comme on lui en prête l'intention. « S'il faudra réduire mon mandat pour pouvoir regrouper les élections, je suis prêt à le faire » a-t-il dit comme pour montrer sa bonne foi.

Le président se plaint qu'aux Comores, le patriotisme se soit émoussé. Et d'appeler les autre à prendre exemple sur lui. « Voyez-vous, je n'ai aucun frère, aucun cousin autour de moi, ni dans les ministères ou directions de l'Etat. Or, des cousins et des frères formés à l'extérieur et capables d'occuper ces postes, j'en ai à la pelle. Mais, je me suis gardé de le faire » a-t-il dit, avant d'ajouter : « Je vous dis qu'avant leur nomination, je ne connaissais aucun ministre de mon gouvernement. Le seul critère de sélection qui m'a guidé à ce choix, c'est leur degré de patriotisme ».

Le discours du chef de l'Etat a vite repris des accents de campagne. « Je vous annonce mes trois grandes priorités du moment : l'eau, l'électricité et l'habitat ». Des propos qui ont provoqué des sarcasmes parmi l'assistance tant ils relèvent, dit-on, de la pure démagogie. En effet, le président Sambi semble manifestement oublier qu'il ressasse ces promesses depuis 2006...et les Comoriens ne voient encore rien venir. Comment pourra-t-il faire en si peu de temps ce qu'il n'a pu faire depuis plus de deux ans ?

Vers la fin de son discours, le président a, dit-on, trahi sa réelle intention par rapport à la révision constitutionnelle. « Si vous ne m'accordez pas du temps pour m'atteler à mes trois priorités et pouvoir donc répondre à vos attentes, je ne pourrais rien faire » at-il dit. Cette phrase est diversement interprétée à Moroni. Quel temps veut-il qu'on lui accorde si ce n'est celui de son mandat.

Source: Inoussa blog

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