Université: les enseignants s'en tiennent à leur mot d'ordre

Publié le par l'anjouannais

Le Syndicat national des enseignants de l'Université des Comores (Sneuc) n'entend pas reprendre de sitôt le chemin des amphithéâtres. Hier, mercredi 22 octobre, devant la presse nationale, il a exclu l'idée de suspendre sa grève illimitée, déclenchée samedi dernier, avant la satisfaction de ses revendications, particulièrement la régularisation administrative de la situation des enseignants.

« S'il est une seule revendication sur laquelle nous ne transigerons pas, c'est bien la régularisation de la situation administrative des enseignants. Elle est non négociable » a martelé Ahmed Abdoullatif, secrétaire général du Sneuc, au cours d'une conférence de presse hier, mercredi 22 octobre, à Moroni.

En effet, les enseignants de l'université des Comores ne comprennent pas pourquoi la plupart d'entre eux ne disposent pas toujours d'un statut juridico-administratif. « Une telle situation n'aide pas l'enseignant à exercer ses missions dans la sérénité ; il est soumis, à tout moment, à la pression d'un licenciement abusif » lit-on dans une déclaration remise aux journalistes.

M. Abdoullatif se dit d'autant plus surpris que la commission mise en place par le gouvernement comorien pour se pencher sur la question n'inclut pas des délégués du Sneuc.

Ainsi rejette-t-il à l'avance les propositions de cette commission dont la plus « cynique » est d'exclure de la fonction publique tout enseignant ayant accédé au statut de chercheur. « Alors que nous nous battons pour obtenir l'intégration à la fop de ceux qui ne le sont pas encore, voilà que le gouvernement veut mettre tout le monde à la porte. C'est très curieux ! Cela s'appelle tout simplement une privatisation de l'université » dénonce le même responsable syndical.

En outre, le Sneuc se plaint de ne pas être associé au fonctionnement et « à la prise des décisions majeures engageant l'avenir de l'université ». M. Ali Mhadji, son secrétaire général, semble avoir le sentiment que « l'université a fait un bond en arrière ». « Auparavant, nous étions associés à la réflexion sur les orientations de l'université à travers des ateliers thématiques et des séminaires. Aujourd'hui, les choses se font à notre insu » se désole-t-il.

Sur le plan pédagogique, le syndicat des enseignants regrette que la rentrée ait été fixée alors que certaines filières n'ont pas encore bouclé l'année universitaire. Tout comme il déplore que la capacité d'accueil de l'université soit restée la même depuis son ouverture en 2003 pendant que les effectifs des étudiants suivent une courbe ascendante.

Par ailleurs, le Sneuc reconnaît que l'une de ses principales revendications « a eu gain de cause », à savoir la valorisation de leur grille indiciaire qui sera effective à partir du mois de novembre.

N'empêche, son mot d'ordre de grève reste toujours en vigueur. « Nous estimons prendre le temps nécessaire pour de réelles négociations » lit-on dans son communiqué de presse publié hier à Moroni.

Source: Al-watwan

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