Comores : front commun contre le président Sambi à Mohéli

Publié le par l'anjouannais

La décision d'Ahmed Abdallah Sambi de nommer à Mohéli les nouveaux directeurs régionaux des sociétés d'Etat, ajoutée à sa volonté de réformer la Constitution, a provoqué un tollé dans l'île, où un front commun s'est mis en place autour de Mohamed Ali Saïd. Mohamed Ali Saïd, président de l'île autonome de Mohéli (photo Al Watwan).

 Soutenu par les principaux responsables politiques mohéliens ainsi que par des députés de l'île qui ont entrepris un tour des village pour "expliquer les intentions" de M. Sambi, le président de l'île autonome de Mohéli, Mohamed Ali Saïd, a profité d'un meeting lundi 17 novembre à Bonovo, le siège de la présidence de l'île, pour appeler "tous ceux qui sont derrière [moi] à se préparer à réagir en conséquence" face aux "attaques" de M. Sambi. A la tribune, plusieurs intervenants, dont l'ancien président de l'Assemblée nationale, Salim Djabir, l'actuel, Said Dhoifir Bounou, ainsi qu'un ministre du gouvernement de la Grande-Comore, ont rappelé l'importance de respecter la Constitution et de voir, en 2010, un Mohélien prendre la tête du pays. Par ailleurs, depuis deux semaines, les notables de l'île se succèdent à Bonovo pour apporter leur soutien au président de l'île, rapporte HZK-Press. Accusé depuis plusieurs mois par les leaders politiques mohéliens de vouloir, via la réforme de la Constitution, mettre fin à la tournante Ahmed Abdallah Sambi l'est encore plus depuis sa décision, le 8 novembre, de nommer les directeurs régionaux des sociétés d'Etat - une compétence habituellement dévolue au président de l'île autonome. Le gouvernement de l'Union a, avec l'aide des directeurs généraux de ces sociétés, justifié ce choix par la mauvaise gestion des précédents directeurs régionaux. "La Société comorienne des Hydrocarbures [SCH] a établi des règles comptables et de procédures, instituant ainsi des modes de gestion transparentes permettant au siège à Moroni de suivre chaque jour les ventes, les versements et les dépenses effectuées, ainsi que les stocks restants", a expliqué lors d'une conférence de presse organisée à Moroni le directeur de la SCH, qui a ajouté que la direction régionale de Mohéli ne respectait aucune de ces règles, "malgré des rappels à l’ordre" du siège. En août, a-t-il assuré, "près de 33 millions de francs comoriens [165.000 euros] des produits des hydrocarbures envoyés à Mohéli n’ont jamais été payés et à ce jour Mohéli doit à la société près de 106 millions". Le directeur des douanes a révélé que sur 125 millions fc (670.000 euros) de recettes attendues, "près de 95% ont été reversés au trésor de l’île de Mohéli au lieu du compte commun de la Banque centrale" et ont été "utilisés abusivement pour le fonctionnement de l’île". Du côté de la Ma-Mwe (eau et électricité), le carburant accordé à un prix préférentiel à la direction mohélienne serait, selon un communiqué gouvernemental, "détourné pour d'autres fins". Pour le directeur du cabinet du ministre des Finances de l'Union, Soilih Mohamed Soilihi, le président était dans son bon droit en procédant à ces nouvelles nominations. "Les îles ont le pouvoir d’agir aussi longtemps et pour autant que l’Union ne fasse pas usage de son droit d’agir", a-t-il expliqué. NK (avec HZK et Al-Watwan)

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