Le gouvernement français veut faire plaisir aux élus mahorais

Publié le par l'anjouannais


Regrettant une baisse des crédits alloués à la mission "Immigration, asile et intégration" dans le projet de loi de finances pour 2009, d’un montant de 513,8 millions d’euros contre 602 millions en 2008, Soibahaddine Ibrahim Ramadani a demandé le 4 décembre au ministre français de l’Immigration et de l’Identité nationale, Brice Hortefeux, de prendre plus en considération le cas de Mayotte, qui présente "sans doute" selon lui "la situation la plus critique pour ce qui est des flux migratoires sur le territoire de la République".

" Monsieur le ministre, quels sont les moyens budgétaires que votre ministère compte mobiliser en réponse aux inquiétudes des Mahorais ? Pour ce qui concerne Mayotte, nous avons bien noté que, dans le cadre de la mission "Outremer" du projet de loi de finances pour 2009, 23,3 millions d’euros sont prévus pour la police nationale et 14 millions pour la gendarmerie nationale. En revanche, aucun crédit, excepté ceux que nous avons adoptés hier, n’est prévu pour les programmes "Aide économique et financière au développement" et "Accueil des étrangers et intégration". S’agissant du Fonds de coopération régionale, pourriez-vous nous indiquer, monsieur le ministre, la part qui reviendrait à Mayotte sur le milliard d’euros prévu pour les quatre départements d’outre-mer et Mayotte ?" a interrogé M. Soibahaddine. "Sous le bénéfice ! de ces observations, je voterai, dans ce projet de loi de fi ! nances pour 2009, les crédits affectés à la mission "Immigration, asile et intégration"", a-t-il ajouté. Selon lui en effet, la situation est critique. "Les 16.000 reconduites aux frontières réalisées chaque année, bien que ce nombre soit extrêmement élevé, n’endiguent pas le nombre de clandestins présents sur le territoire (…) Le centre de rétention administrative de Pamandzi ayant une capacité d’accueil de 60 personnes se trouve vite surchargé en période d’activité intense, et accueille alors plus de 200 personnes. (…) Rappelons qu’un rapport de la Commission nationale de déontologie de la sécurité a estimé que ce centre était indigne de la République. Qu’en est-il, monsieur le ministre, du projet de construction d’un nouveau centre ?" a interrogé M. Soibahaddine. Le sénateur a également évoqué la coopération régionale "en tant que levier permettant de réduire, à la source, la forte pression migratoire qui s’exerce sur Mayotte", même s’il a affirmé que "jamais les relations entre la France et les Comores n’ont été aussi chaotiques".

La réponse du ministre n’a rien apporté de nouveau : "Monsieur Ibrahim Ramadani", a déclaré M. Hortefeux, "vous évoquez la pression migratoire que subit Mayotte. Sachez que c’est une préoccupation majeure pour le ministre que je suis. (…) Des efforts, certes insuffisants, ont été engagés, comme l’installation du troisième radar, que vous avez évoqué. (…) À ce jour, depuis le 1er janvier 2008, 225 ! kwassas-kwassas ont été interceptés. (…) Concernant le centre ! de rétention de Pamandzi, je proposerai dans les prochains jours de porter sa capacité d’accueil de 60 à 140 places. Les travaux devraient être achevés au cours du premier semestre de 2011."

Jean-Yves Mondon

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