Lettre ouverte au président de la commission de l'Union Africaine

Publié le par l'anjouannais

Lettre ouverte au président de la commission de l'Union Africaine
M.jean Ping,Président de la Commission de l'UA


Groupe de Réflexion Anjouanais Mutsamudu 17 février 2009

A

Son Excellence Monsieur le Président de la Commission de l'UA
Addis –Abbaba



Objet : référendum constitutionnel conflictuel/ nos propositions

Excellence,

Le Groupe de Réflexion Anjouanais, tout en se félicitant des bonnes initiatives et des soutiens spontanés que l'UA a eu à consentir pour le règlement des crises comoriennes de 1975 à nos jours, le Groupe exprime ses regrets quand aux échecs successifs dûs aux méthodes utilisées et aux choix des ressources humaines investies, lesquelles ont beaucoup plus contribué à la pérennité de la déstabilisation qu'au rapprochement des antagonistes.

Un autre élément négatif est à verser dans la liste des causes des échecs, c'est le fait de transformer la médiation purement et simplement en une fonction permanente allant jusqu'à faire confondre ressources humaines de la médiation et citoyens comoriens déguisés agissant pour des intérêts propres et non pour la crédibilité de l'Institution qui les mandate.Enfin, le couronnement des échecs vient de la confusion entretenue par la médiation entre vitesse et précipitation.Tout cela a conduit à un éternel recommencement du règlement des crises pendant que des femmes et des hommes payent de leur vie et de leur fiscalité.
La même personne ne peut incarner durant plus d'une décennie une médiation qui fait et défait les situations, une médiation qui défend quelque chose et son contraire car l'essentiel pour elle c'est de continuer à être là et à se pérenniser dans un emploi juteux au dos de victimes humaines en séries.

Excellence,

Qu'il soit permis de rappeler que la première démarche de l'OUA pour résoudre la crise séparatiste mahoraise née de l'Indépendance unilatérale de 1975, est restée vaine ; il s'agit du Comité de sept de l'OUA présidée par le Gabon.Après 34 ans d'existence dudit comité sans résultats, voilà que le 12ème sommet de l'UA de février 2009 vienne réactiver la même recette qui a montré ses limites. Mayotte accédera sans ambigüité à la Départementalisation le 29 mars de cette année 2009. Après tout, c'est leur choix.
Ensuite, face à la crise séparatiste anjouanaise de 1997, dans la précipitation, l'OUA opta pour une médiation africaine sous sa forme actuelle confiée à un Envoyé Spécial ; un comité de suivi allait être instauré et encore dans la précipitation, une constitution fut rédigée suivie dans la foulée d'un Référendum en 2001.
En 2007, il est apparu clairement que la précipitation imposée par l'UA dans la rédaction de la constitution de 2001 n'avait donné d'espace aux comoriens pour y mettre tous les verrous exigibles pour avoir une Loi Fondamentale dans la durée.

En 2008, l'UA poursuit le chemin des précipitations, accéléra et parraina la démarche du débarquement sanglant de Sambi comme alternative salutaire à la stabilité des Comores. L'UA dynamite Anjouan le 24 mars 2008 et démobilise toute une population dans le sang, généralement des innocents.
En 2009, l'UA entérine son échec et s'emballe dans une logique de table ronde pour le 23 février 2009 aux fins de réparer ses dégâts. L'UA remémore ainsi la même démarche que celle suivie dix ans durant sans succès en renouvelant les mêmes ressources humaines à l'intérieur de la même médiation. L'UA joue donc aux prolongations.
Pendant ce temps, si la médiation parcoure le monde avec des honoraires juteux tranquillement, les Comores, elles, restent balkanisées accumulant rancœurs inter-Iles et sentiments de haine entre comoriens.
Quand à l'Ile Autonome d'Anjouan, elle continue à pleurer ses morts successifs, ses déportés, ses exilés, ses handicapés et ses disparus.Nos propositions

Le 14 février 2009, coup de théâtre. SAMBI s'éloigne de l'UA, si il n'y aurait pas un deal interne convenu, et décide unilatéralement convoquer son Référendum Constitutionnel pour consacrer les Comores 1er Sultanat Islamique de l'Océan Indien.

Excellence,

Il serait temps à l'UA, si elle reste encore saisie du dossier Comores, d'agréer une approche pragmatique de la résolution de la crise comorienne :
1. Le renouvellement des ressources humaines de la médiation s'imposerait. Après dix ans, ça devrait suffire.
2. Il faudrait opter pour la vitesse et non la précipitation
3. Il serait nécessaire d'inscrire une approche de règlement de la crise comorienne qui a longtemps duré en deux étapes :

1ère étape :

il y a un problème interne dans l'Ile Autonome d'Anjouan suite à la crise de 2007-2008 : la vérité est que la majorité des anjouanais est mise en cavale, exilée ou déportée, sans oublier ceux qui ont perdu leur vie ou handicapés à vie ; cet aspect devrait être une préoccupation de l'UA en tant qu'Organisation Continentale et Partie Prenante du Débarquement sanglant contre Anjouan en mars 2008.Ensuite, il faut comptabiliser les rancœurs accumulés le long des alternances politiques internes successives de l'Ile de 1997 à nos jours, du Président de l'Etat d'Anjouan Abdallah Ibrahim au Président de l'Ile Autonome d'Anjouan Moussa Toybou, en passant par les colonels Abeïd et Mohamed Bacar.Globalement, les Anjouanais ne se parlent plus. Cette situation mériterait d'être solutionnée pour permettre le retour des anjouanais chez eux et ainsi pouvoir dégager une représentativité objective pouvant incarner politiquement l'Ile dans toute entreprise espérée être constructive pour dispenser les Comores de l'éternel recommencement sur le plan Constitutionnel.

2ème étape :

D'abord Il existe le contentieux inter-Iles lié à la problématique de la gestion du pouvoir aux Comores.
Ensuite, suivent les antécédents créés par les différents débarquements cruels et mortels menés contre Anjouan et perçus comme une volonté des politiques de Ngazidja et Moili destinées à meurtrir les matières grises politiques d'Anjouan ; on citera le débarquement d'Ali Soilihi de 1975, celui du Président Mohamed Taki de 1997 et celui de l'UA-SAMBI de 2008 avec des parrainages officiels de partis politiques de Ngazidja et Moili.
Ce sont des paramètres qui doivent être tenus compte pour l'éventualité d'une définition d'un format d'assises d'échanges politiques crédibles.

Excellence,

Ce chantier mériterait être conçu avec la mise en avant de l'implication réelle des différents courants d'opinions comoriens et non leur faire jouer les figurants comme ça a toujours été le cas lors des rédactions des Lois Fondamentales successives ( 1975-1978-1982-1989-1992-1999-2001) qui n'ont jamais pu survivre au moindre coup de vent.Il est de notériorité démocratique de s'assurer de faire confronter les vrais antagonistes dans les débats pour raison d'efficacité au lieu de faire asseoir ceux qui sont déjà d'accord entre eux, ce qui conduisait à un débat tronqué et une mise en scène injuriant lourde de conséquence.
Enfin, il mériterait d'insister que l'UA était derrière SAMBI pour décréter les émeutes de Hombo-Anjouan en avril 2007 pour raison de faire respecter le principe de fin de mandat.
En 2008, l'UA prend le devant pour dynamiter Anjouan et les anjouanais prétextant un comportement séparatiste de Mohamed Bacar et son équipe, les accusant de constituer un obstacle pour le fonctionnement régulier des Institutions.

Désormais, tous les regards sont de nouveau tournés vers l'UA avec un SAMBI qui se livre à un combat contre l'ensemble des Iles Comores car l'obstacle ne serait plus Mohamed Bacar et son équipe, mais la Constitution comorienne elle-même, et sa fuite en avant est de nouveau engagée.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président, l'expression des sentiments les plus respectueux des
Anjouanais très éprouvés.


Le Groupe de Réflexion Anjouanais
.
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article