Comores : la conférence sur la réforme constitutionnelle est annulée
La conférence inter-comorienne sur la réforme de la constitution, dont l’ouverture était prévue ce mardi à Moroni, n’a finalement pas eu lieu, après le refus in extrémis de l’opposition de prendre part aux travaux. Cette attitude des partis de l’opposition est dictée par la décision du gouvernement comorien de maintenir le référendum constitutionnel à la date du 22 mars prochain. « L’opposition conditionne sa participation au report ou à la suspension du calendrier du référendum », avait déclaré l’émissaire spécial de l’Union Africaine, José Francisco Madeira. L’opposition comorienne avait initialement accepté l’offre de la communauté internationale de participer à la conférence constitutionnelle après avoir reçu la garantie que la date du scrutin référendaire allait être suspendu. « Si le pouvoir s’entête à tenir le référendum le 22 mars, nous ne voyons pas alors la nécessité d’engager un dialogue », a déclaré à APA l’ancien ministre Houmed Msaidié, secrétaire général de la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC), parti de l’ex-président Azali Assoumani. Le gouvernement comorien dit, pour sa part, que la constitution donne au chef de l’Etat le pouvoir d’élaborer un avant-projet de constitution et de le soumettre directement au suffrage de la population comorienne. « Nous n’avions aucune obligation de nous concerter avec l’opposition. Cette conférence a été convoquée à sa demande. Si, maintenant, elle ne souhaite pas y prendre part, le président tirera les conclusions nécessaires », a indiqué le ministre de l’Education et porte-parole du gouvernement, Kamal-Edinne Afraitane. Le président Ahmed Abdallah Sambi entend apporter de profondes modifications à la constitution actuelle des Comores pour alléger l’architecture institutionnelle du pays, jugée « trop coûteuse ». Pour des raisons « également économiques », il veut également harmoniser les élections (présidentielle et législatives) et, pour cela, il cherche à prolonger d’une année son mandat qui s’expire normalement en mai 2010. C’est ce dernier article qui fait surtout polémique dans l’archipel. La constitution en vigueur dispose que la présidence est tournante entre les îles pour une durée de quatre ans. La classe politique de Mohéli, l’île à laquelle doit échoir le prochain tour, ainsi que certains partis politiques nationaux, n’entendent pas accéder au souhait du chef de l’Etat. (APA)
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