La classe politique comorienne se met autour de la table

Publié le par l'anjouannais

Ce qui paraissait improbable, il y a quelques jours, est devenu une réalité. Les formations politiques de l’opposition ainsi que les pouvoirs insulaires des îles autonomes de la Grande-Comore et Mohéli qui menaçaient de boycotter l’appel au dialogue inter-comorien initié par la communauté internationale ont cédé.

Un changement d’attitude qui s’expliquerait par une décision de la cour constitutionnelle annulant les décrets du président de l’Union convoquant le corps électoral pour le référendum sur la révision constitutionnelle du 22 mars prochain ainsi que celui relatif à la mise en place de la commission électorale pour « vice de procédure ».

Cela constitue « une garantie même si nous n’avons pas totalement confiance au pouvoir», explique Hamada Madi Boléro, un représentant de la délégation mohélienne regroupé au sein de la coordination mohélienne pour l’unité nationale (Comuna). Ainsi ce sont plus d’une centaine de personnes représentants de la classe politique, de la société civile, des différentes institutions du pays et des experts internationaux qui se réunissent au palais du peuple à Moroni du 3 au 7 mars afin de « ré-analyser les structures de fonctionnement du nouvel ensemble comorien » mise en place en 2001 afin de « dépasser les faiblesses et les blocages », a déclaré l’envoyé spécial de l’Union africaine, Francisco Madeira.

Durant quatre jours les participants vont plancher dans le cadre de groupe de travail, sur des questions relatives au fonctionnement des institutions, la gouvernance et les textes constitutionnelles notamment l’avant projet de révision de la constitution proposé par le gouvernement. Dans ces assises où chacun va faire valoir ses positions, le président Sambi, appelle « à une concertation à la comorienne pour mener à bien les réformes dont notre pays a besoin », a-t-il souligné dans son message lu à l’assistance par le vice président Idi Nadhoim. En fait, une première étape est franchie avec la réunion sur la même table de négociations des différents protagonistes. La deuxième, celle de la réussite du dialogue, dépendra désormais du comportement des uns et des autres.

Pour nous à Mohéli, nous explique Hamada Madi Boléro, l’échec du dialogue, serait que Mohéli n’ait pas son tour le 26 mai 2010. « Nous avons signé un contrat. J’espère que la sagesse fera que le terme du mandat soit respecté », a-t-il encore ajouté.

Faisoilli Abdou

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