Sambi reçoit les trois présidents des îles : Va-t-on vers une sortie de crise ?

Publié le par l'anjouannais

Sambi reçoit les trois présidents des îles : Va-t-on vers une sortie de crise ?
Moroni, mardi 24 mars 2009 (HZK-Presse) – C'est dans un climat apaisé et serein que le chef de l'Etat a reçu hier soir en audience les trois chefs des exécutifs des îles autonomes, pour s'entretenir de l'évolution de la situation nationale et particulièrement le dossier sensible de la réforme des institutions. La coupure d'électricité survenue au milieu des discussions à huis clos n'a perturbé en rien le déroulement de ce sommet très attendu, qui semble avoir déjà donné un premier résultat positif, au terme de quatre heures d'échange sans intermédiation étrangère.
L'on sait pourtant que la communauté internationale suit avec inquiétude l'issue de l'après « dialogue inter-comorien ». L'envoyé spécial de l'Union africaine, F. Madeira est déjà de retour à Moroni, pour « aider à la mise en œuvre des recommandations », apprend-on de source diplomatique.
La seule acceptation des trois présidents des îles de se retrouver autour de la même table avec le président de l'Union, pour une franche confrontation de leur point de vue sur le processus de révision de la constitution, suffira-t-elle à redonner un nouvel espoir de sortie de crise ? C'est en tous cas le sentiment d'Ahmed Abdallah Mohamed Sambi qui avait promis dans son discours du 21 mars dernier, de prendre en compte « leur avis » avant de prendre toute décision.
Au Palais de Beit-Salam, les présidents Mohamed Abdouloihabi de Ngazidja et Mohamed Ali Said de Mwali ont eu à défendre des propositions communes, consignées dans une « Contribution des exécutifs de Mwali et Ngazidja à l'harmonisation des mandats des présidents de l'Union et des îles autonomes et des assemblées de l'Union et des iles autonomes », dont la Gazette s'est procuré une copie.
Il ressort de ce document le constat selon lequel l'avant-projet de loi référendaire initialement proposé par le chef de l'Etat constituait une initiative « dangereuse » à leurs yeux, car contraire aux « principes fondamentaux du droit et du pacte comorien » consacré par l'accord de réconciliation nationale du 17 février 2001.
Les deux autorités insulaires qualifient d'« inacceptable » toute démarche visant à lier l'harmonisation des institutions à la durée du mandat du président de la république en exercice, rejetant toute prorogation de mandat « par un plébiscite référendaire », ou d'en raccourcir celui des présidents des îles, assimilable à « un troc que ne peut reconnaitre ni le droit ni l'équité ».
Mais ils suggèrent un calendrier électoral qui, à les en croire, respectera la légalité tout en préservant la paix civile. L'idée est de réviser d'abord les lois fondamentales des îles, en prolongeant le mandat des députés insulaires de 4 à 5 ans, pour que les prochaines législatives se tiennent en 2014, et de renouveler sans tarder les assemblées de l'Union et des îles, ce qui permettrait d'envisager la réforme souhaitée des institutions, par la voie d'un Congrès entre 2010 et 2014. Ensuite se tiendrait en 2010 l'élection du président de l'Union.
Concernant le cas des présidents des îles dont les mandats respectifs se terminent en 2012 et 2013, ils proposent la mise en place de trois « Exécutifs consensuels de transition » pour gérer les affaires courantes jusqu'en 2014.
L'objectif d'harmoniser les mandats et de réduire la fréquence des scrutins serait réalisé dès 2014 par la tenue d'élections générales de tous les exécutifs et de toutes les assemblées tant de l'Union que des îles autonomes. Dans cette optique, les comoriens seraient appelés aux urnes dans la même période pour choisir simultanément le président de la république, les présidents des îles, ainsi que les députés de l'Union et des îles, soit quatre élections groupées tous les 5 ans. Une régularité quinquennale qui aurait le mérite de résoudre dans la sérénité l'épineuse question de la rationalisation de l'agenda électoral aux Comores, soutiennent les auteurs du document.
Rendez-vous est pris pour vendredi 27 mars à Anjouan où les trois présidents des îles remettront au chef de l'Etat leur proposition définitive, intégrant le point de vue du numéro un anjouanais Moussa Toybou, qui semblait encore vaciller entre la position du pouvoir central et celle de ses homologues Abdouloihabi et Ali Said. C'est probablement à l'issue de ce deuxième round des discussions au sommet des exécutifs que le président de l'Union tranchera.

El-Had Said Omar
240309/eso/hzkpresse/6h00
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