Edition: Azali rompt enfin le silence

Publié le par l'anjouannais

Depuis mai 2006, date à laquelle il a tiré sa révérence, l’ex-président Azali Assoumani s’est gardé de s’exprimer sur l’actualité nationale. Dieu sait, pourtant, combien le débat politique a été et reste encore vif et passionnant. Cette fois, il a décidé de rompre le silence dans un livre d’entretiens avec le journaliste franco-camerounais Charles Onana, paru aux éditions Duboiris.


Enfin, il parle. Il, c’est l’ex-président Azali Assoumani qui, depuis mai 2006, ne s’est pas exprimé en public et a toujours opposé un refus poli aux nombreuses sollicitations de la presse (nationale et étrangère).

Dans un livre d’entretiens avec le journaliste Charles Onana, intitulé « Quand j’étais président », il revient sur ses sept ans de pouvoir, notamment sur la crise séparatiste qui a failli ébranler les fondements de la République.

Ce livre de 200 pages (avec de nombreuses illustrations) comporte-t-il des révélations ou des informations qu’on ne sait déjà ? Sa publication, qui coïncide avec le débat autour de la prorogation du mandat du président Sambi, est-elle le fruit du hasard ou une opération de communication minutieusement préparée ? Autant de questions que l’on se pose déjà, bien avant la sortie officielle de l’ouvrage, prévue le samedi 25 avril à Moroni.

Mais, l’interrogation qui revient souvent est celle du choix du journaliste. Pourquoi, en effet, Azali a-t-il jeté son dévolu sur M. Onana alors que, selon toute vraisemblance, certains journalistes locaux lui avaient proposé le même projet ?

A en croire de nombreux témoignages, Charles Onana, bien connu dans le journalisme français d’investigation, aurait été présenté à l’ex-président par Me Eric Sossah, un ami commun et avocat de l’Etat comorien dans l’affaire Bob Denard.

Auteur de nombreuses œuvres politiques dont une biographie de Bokassa, le journaliste franco-camerounais a bâti sa popularité sur ses thèses relatives au génocide rwandais. Accusé de négationniste pour avoir réfuté le qualificatif de « génocide » au massacre des Tutsis en 1994, il fait partie de ces pourfendeurs acharnés de la Françafrique et milite pour de nouveaux rapports entre Paris et ses ex-colonies.

Il faut dire que c’est la première fois qu’un ancien président comorien partage dans un livre son expérience du pouvoir. Ses prédécesseurs ont eu moins de chance, la plupart étant décédés en plein exercice de leurs fonctions présidentielles.

Azali semble suivre le sillon de son ancien ministre des Affaires étrangères, Soeuf Mohamed El-Amine, qui vient de publier aux Editions de la Lune, à Paris, son second essai intitulé « Les grands défis de la politique étrangère des Comores ».
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