Mayotte : 40% de la population est d’origine étrangère à la France
40% de la population vivant à Mayotte n’est pas de nationalité française, a révélé l’Insee mercredi 22 avril lors de la publication des résultats détaillés du recensement de juillet 2007.
Le 31 juillet 2007, date arrêtée par l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) pour comptabiliser la population de l'île, Mayotte comptait 186.452 habitants, soit 26.000 de plus que lors du dernier recensement en 2002 (il y avait alors 160.265 habitants). Parmi eux, 75.800 n'étaient pas de nationalité française ( 40% de la population), soit 20.000 de plus qu'en 2002 : à l'époque, les 55.300 non-Français représentaient 34% de la population. La grande majorité de ces personnes (95%) sont de nationalité comorienne.
Selon l'Insee, ce phénomène s'explique notamment par le taux de fécondité des « mères nées à l'étranger », égal à « 6,4 enfant par femme » contre « 3,4 enfants pour les mères nées en République française ». « Près d'un tiers (23.000 personnes) des 75.000 étrangers recensés à Mayotte au 31 juillet 2007 y sont nés », poursuit l'Insee. « Ces personnes, bien que nées sur le territoire de Mayotte, sont de nationalité étrangère parce que leurs deux parents sont immigrés. Pour la plupart, elles sont âgées de moins de 16 ans. Les modalités d'accès à la nationalité française leur permettront de l'acquérir à 13 ou 16 ans, sous réserve de répondre aux conditions réglementaires en vigueur ». Autrement dit : un tiers des « étrangers » comptabilisés par l'Insee « pourront accéder à la nationalité française », affirme Matthieu Morando, directeur de l'antenne locale de l'Insee.
Dans le même laps de temps, le solde migratoire est négatif, pour la première fois depuis le début des recensements il y a cinquante ans. L'Insee estime à -7.000 personnes ce solde, l'émigration ayant été plus importante que l'immigration durant cette période, suggère M. Morando. Il explique ce phénomène par « la lutte contre l'immigration clandestine » menée par l'Etat - ces trois dernières années, près de 50.000 sans-papiers ont été reconduits à la frontière - et par la forte émigration des Mahorais, notamment des étudiants, de plus en plus nombreux. Il est cependant « difficile d'avoir une image précise de ce que cela représente », a avoué M. Morando, car « des Français qui se déplacent sur un autre territoire français » ne sont pas recensés. De même l'immigration est difficilement quantifiable.
RC