La bataille s'annonce dure, très dure entre l'Union et l'opposition

Publié le par l'anjouannais

Va-t-on droit à une confrontation entre le pouvoir de l'Union d'une part, les exécutifs insulaires et l'opposition d'autre part ? Tout permet de le croire. Entre la détermination du gouvernement comorien à tenir le référendum constitutionnel le 17 mai prochain et les menaces de boycott de M. Abdouloihabi et de Msaidié, on est tenté de dire que la bataille s'annonce violente.La rencontre de l'exécutif de Ngazidja avec les maires et les préfets de l'île, le dimanche 25 avril, n'avait qu'un seul objectif : réaffirmer l'opposition à toute consultation référendaire et boycotter les opérations électorales du 17 mai. Le lendemain, la coordination de Moroni qui supporte le régime Sambi est montée au créneau pour dire haut et fort que « le scrutin aura bien lieu à Moroni, la capitale ». Sans entrer dans le fond du débat, je pense que le pouvoir de l'Union se livre aujourd'hui à une partie de poker menteur. Il n'est pas besoin d'être clerc pour constater qu'à travers cette révision constitutionnelle, le régime Sambi entend se maintenir au pouvoir au-delà de 2010 et ce, au mépris de l'accord de Fomboni et de la constitution. S'il est vrai que la Constitution accorde au chef de l'Etat le pouvoir de réviser la constitution, principal argument des thuriféraires du régime, cette même constitution stipule que l'autonomie des îles ne peut aucunement être sujette à modification. Or, le projet de révision constitutionnelle proposé par le président Sambi porte atteinte à cette autonomie des îles, vidée de son sens et réduite à la portion congrue. Il faut dire que l'autonomie des îles a été la base des accords de Fomboni qui a mis fin au séparatisme anjouanais et au retour de l'île d'Anjouan dans le giron de l'archipel. On ne peut, sous aucun prétexte, violer cette disposition fondamentale au risque de réveiller les démons du passé. Personne n'a dit, jusqu'ici, que la constitution actuelle est parfaite et irréprochable, mais elle est le fruit de concessions et de débats souvent houleux qui ont permis de sauver l'essentiel. Le régime Sambi semble ignorer le prix que le pays a payé pour en arriver là. En outre, le coût des institutions actuelles souvent invoqué par le pouvoir pour justifier le référendum n'est qu'un épais écran de fumée pour cacher certaines vérités. D'abord, rien ne vaut l'unité et la stabilité des Comores. Oui, ces institutions sont coûteuses, mais elles nous ont permis de sauver l'Etat comorien d'un naufrage annoncé. Ces institutions sont, en effet, le résultat d'un consensus national. Ensuite, quand on lit la presse nationale et on entend les autorités gouvernementales dire que le souci premier du référendum est de faire des économies, on s'étrange de rire. Dans son dernier numéro, l'hebdomadaire Albalad, qu'on ne peut soupçonner d'être anti-Sambi, s'est interrogé sur « où vont les recettes de l'Etat ». En effet, alors que les douanes comoriennes et la direction des impôts se targuent d'avoir réalisé des performances record, personne ne sait l'usage exact de ces recettes. Ce sont des subsides de quelques Etats amis qui ont permis au gouvernement de faire face, récemment, à certaines obligations régaliennes. Pendant ce temps, les fonctionnaires de l'Etat continuent de compter les mois, les prix des denrées de première nécessité se sont envolés,... Pour paraphraser le président de Mohéli, la vraie réforme dont les Comores ont aujourd'hui besoin, n'est-ce pas celle qui améliorera le pouvoir d'achat du citoyen ordinaire, qui permettra de payer les agents de l'Etat au bout de chaque mois,... Mais, le président Sambi surfe sur l'impopularité grandissante de Mohamed Abdouloihabi, dont le pouvoir manque de consistance et navigue à vue. Ngazidja est en pilotage automatique. Le gouvernement de l'île est à mille lieux des préoccupations des Wangazidjas. L'administration insulaire n'a jamais été aussi sinistrée alors que l'île ne manque pas d'argent. C'est la « mangercratie » tous azimuts. L'état on ne peut plus déplorable des locaux de la police, l'un des services les plus méritants de l'île, reste la parfaite illustration de l'échec de M. Abdouloihabi. Quatre millions auraient suffi pour rénover ces locaux et donner à la police son image de marque ; quatre millions, c'est, au bas mot, le coût d'une réunion des notables de Ngazidja. A quelques encablures de la police, la préfecture du centre, avec a toiture qui menace de céder à tout instant, fournit l'autre image de Ngazidja. Et je vous épargne tant d'autres services de l'île qui donnent à pleurer. C'est dire que l'opposition à Sambi, incarnée aujourd'hui par Abdouloihabi, ne peut être crédible et rebute ceux qui, nombreux, craignent pourtant la dérive dictatoriale du pouvoir de l'Union. Source:inoussablog
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