Référendum sur la révision constitutionnelle, faible affluence dans les bureaux de vote

Publié le par l'anjouanais

Comme on a pu le constater, contrairement à ce qu’on craignait, aucun incident ou acte de violence n’a été signalé au cours de ce rendez vous électoral. C’est dans le calme que les électeurs se sont rendus dans les bureaux de vote pour accomplir leur devoir de citoyen. « L’ambiance électorale est très bonne », a déclaré Ahmed Ben Saïd Djaffar, le ministre comorien chargé des relations extérieures devant son bureau de vote à Moroni dans le quartier de la coulée.

Les opposants à la réforme constitutionnelle qui avaient appelé au boycott du scrutin, ont préféré se barricader chez eux. Les forces de l’ordre ont été mobilisées pour veiller au bon déroulement des opérations électorales. Dans les bureaux de vote on a pu constater l’absence de représentants réels de l’opposition.

Ce sont des électeurs désignés par les présidents des bureaux de vote qui ont joué ce rôle. En fait, l’article 82 du code électoral stipule qu’il faut au moins quatre assesseurs dans un bureau de vote. « Si le nombre des assesseurs requis n’est pas atteint, les assesseurs manquant sont désignés par le président du bureau de vote parmi les électeurs », précise le texte. Le seul bémol dans le déroulement du scrutin fut la faible affluence des électeurs dans les bureaux de vote. « Il faut prendre en compte le fait qu’il s’agit d’un référendum. Aux Comores les électeurs ont l’habitude de s’identifier par rapport à un candidat ou à tel autre », a noté le ministre Ahmed Ben Saïd Djaffar pour expliquer le faible déplacement des électeurs.

A 15h15, dans un bureau de vote de la capitale au quartier Hankounou on enregistrait seulement 36 votants sur une liste qui compte 336 électeurs. « Maintenant, les électeurs commencent à venir en nombre », nous a assuré la secrétaire du bureau. Quoi qu’il en soit et quel qu’en sera le pourcentage obtenu par le « Oui » à l’issu de ce scrutin, on peut affirmer que ce ne sera qu’un demi-succès pour les partisans de la réforme.

Nombre d’électeurs avaient la tête ailleurs. « Actuellement nous sommes confronté à la cherté de la vie. Sous Azali, le kilo de riz coutait 300 Fc et aujourd’hui il coûte 500 Fc », nous a déclaré un homme rencontré sur la route à Mdjoiezi et qui se demandait s’il devait aller voter ou non. Il faut ajouter que certains électeurs ne maitrisent pas trop l’enjeu de ce référendum. « Moi, j’ai voté « Oui », parce que je suis un proche de Kamalddine Afraitane (le ministre de l’éducation nationale ndlr). Le reste je ne veux pas savoir », nous a répondu un électeur, la cinquantaine passée, à Mdjoiezi Hambou, un village du sud de la Grande Comore qui est aussi le village natal du président Abdouloihab, un partisan du boycott. D’ailleurs, selon les témoignages recueillis sur place, ici le combat se résume à l'opposition entre partisans de ces deux personnalités. Durant toute la nuit, les résultats, bureau de vote par bureau de vote, ont afflué à la Ceni, qui a pris ses quartiers au palais du peuple.

« Jusqu’à maintenant nous n’avons pas un chiffre précis du taux de participation », nous a indiqué le secrétaire général de la commission électorale indépendante en milieu de journée de ce lundi 18 mai 2009.

Faissoili Abdou

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