Un retour forcé au temps des sujets des sultans et des princes aux Comores.

Publié le par l'anjouanais

Ari « hanywa kana tranvu » na « nankalizi mali » shayo hama mali ya banghe, parce qu’illicite, ont aussi coutume de dire ces comoriens et à entendre les voix officielles après la consultation du 17 mai. Ce qu’ils viennent de vivre les renvoie à l’ère des Sultans et princes. Un sot d'environ deux siècles en arrière.

En effet, du concept de démocratie, nous retenons que c’est avant tout un régime politique dans lequel le pouvoir appartient au peuple et qui l’exerce de deux manières. Soit ce même peuple décide directement, soit par des personnes qui ont délégation de parler et d’agir en son nom.

En expression directe du peuple comme par personnes ayant délégation, il y a en tout cas le moyen admis par l’idée de démocratie qui est le vote.

Mais peut-on qualifier tout vote de démocratique ? La réponse est, sans ambiguïté, non.

Pour être considéré comme démocratique, tout scrutin ou vote doit obéir à un certain nombre de principes de base, au mépris desquels le temps consacré au scrutin et les moyens employés ne sont que perte.

A cet égard, l’article 21 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 pose le pilier de ces principes : « La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote »

Dans la même idée d’éclairage de sens de ce qu'une élection démocratique acceptable, l’Europe quant à elle, par son Organisation pour la sécurité et la coopération en son sein, a sa propre feuille de route en matière d’observation des élections, et connu sous le nom de « manuel d’observation des élections ». Le manuel en question retient ce qui suit, en parlant d’élections susceptibles d’être qualifiées d’honnêtes : « le concept d’élections honnêtes suppose que le processus électoral se déroule dans la transparence et conformément à l’obligation de rendre des comptes et que l’électorat soit en mesure de faire un choix réel et informé, - ces conditions assurant la confiance des électeurs dans le processus électoral».

IL ressort donc de ces déclarations des caractéristiques d’un scrutin pouvant être qualifié de démocratique ; à savoir une Transparence qui doit donner à tout électeur la possibilité de contrôler le processus, l’Unicité qui est entendue comme étant un vote par électeur, la Confidentialité pour tout électeur dans son choix et dans le secret, l’Anonymat qui exclut toute possibilité de pouvoir identifier à qui revient un bulletin et, en fin, la Sincérité dans les résultats du scrutin ; laquelle sincérité est manifestée par le reflet fidèle à la volonté de ceux et celles qui se sont exprimés.

La méconnaissance d’une de ces principes sème forcement le doute. Et une défaite, même si déclarée officiellement, n’est jamais une défaite. De pareille situation, il peut résulter un climat d’instabilité politique plus grave car, le supposé acquis par légalité improvisée demeure sujet de contestations.

Nous venons donc, en terres Comores, d’assister à une sottise sans précédent et aux conséquences non calculées par la fausse politique, sur fond d’amnésie de quelques éléments assoiffés du peuple et sous l’engrenage de l’insuffisance juridique conseiller.

Un nouveau chapitre de la crise comorienne qui s’ouvre pour “je ne sais” combien de temps et quelle pourrait être la chute ! Le régime démocratique aux Comores et son bon goût semblent relever du passé. Le dessein d’une dictature et ses corollaires sont entrain de gagner en intensité.

Le 20 mai 2009
Bébé
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