« C'est l'AND qui va diriger l'opération et non les forces africaines »

Publié le par achaha

Moroni, mardi 18 mars 2008 (HZK-Presse) – La plus grande partie des troupes africaines qui vont appuyer l'AND est à Moroni. Les sénégalais se font toujours attendre. Alors qu'on le croyait parti, l'Afrique du sud revient sur la scène avec une autre proposition de négociation. L'armée comorienne mène des opérations éclair faisant des prisonniers et des blessés... Autant de sujets sur lesquels le directeur de cabinet du président Sambi, chargé de la défense, a accepté s'entretenir avec La Gazette des Comores, dans une interview exclusive.

Question : Pourquoi l'opération de rétablissement de l'ordre à Anjouan tarde à se concrétiser ?

Mohamed Dossar Bacar : Non, l'opération ne tarde pas. Nous sommes toujours dans la dynamique de mobilisation les ressources humaines et des moyens logistiques nécessaires pour l'assaut. Mobiliser la communauté internationale cela ne peut se faire en un seul jour. Au contraire, je trouve que les choses vont plutôt plus vite que prévu. Si l'on prend en considération la dernière réunion de l'Union Africaine où les pays amis ont déclaré soutenir l'opération, les choses évoluent très vite. C'était le 20 février dernier que les pays amis ont pris la décision de nous appuyer militairement.
Evidement, une large opinion est impatiente de voir l'île d'Anjouan libre. On voudrait que tout se passe rapidement. Mais il faut une préparation pour ne pas échouer. En tous cas le dispositif se met en place et d'ici le milieu de la semaine en principe toutes les troupes devraient rallier Moroni. Le contingent tanzanien est complet et les soudanais le seront d'ici peu. Quant aux sénégalais, étant donné qu'ils ne sont pas nombreux, ils peuvent arriver à la dernière minute.

Question : Avec l'arrivée de toutes ces troupes, qui va diriger l'opération ?

M.B. Dossar : Il est clair que c'est l'armée comorienne qui va diriger l'opération. L'AND prendra le devant dans le déroulement des opérations.

Question : Quelle sera la responsabilité des uns et des autres ?

M.B. Dossar : Je sais seulement que l'armée comorienne va diriger les opérations. Je ne saurais m'avancer sur les détails. Le déroulement de l'opération, le déploiement et la stratégie restent des questions purement militaires...

Question : Pourquoi les sénégalais ne sont pas encore arrivés ? Est ce que cela est lié au transport promis par la France ?

M.B. Dossar : Les sénégalais très éloignés des Comores mais ils sont sur le point de venir. Ce n'est pas un problème de transport car la France est prête à les transporter. J'ai même rencontré l'ambassadeur de France qui m'a confirmé leur disponibilité à assurer le transport des troupes jusqu'à Moroni comme prévu. Il faut aussi souligner que ce pays a déjà respecté une partie des ses engagements en acheminant les troupes tanzaniennes.

Question : Comme l'essentiel des troupes se trouve sur place, l'opération peut se faire sans le reste ?

M.B. Dossar : Cela n'est pas exclu mais cette question n'est pas encore abordée. A ce jour nos partenaires de la force de coalition sont déjà au nombre de 900 hommes [sur un effectif annoncé de 1600 hommes, ndlr].

Question : Où est l'Afrique du Sud dans le règlement du conflit ? Nous savons que ce pays s'est vu confié le dossier de la crise comorienne par l'UA, en tant que pays coordonnateur des efforts de la région.

M.B. Dossar : Il faut poser cette question à l'Afrique du sud. L'absence de ce pays ami n'est de notre fait. On a toujours sollicité son soutien. Dans les réunions du comité de suivi, l'ambassadeur de l'Afrique du sud à Moroni était toujours présent. D'Addis-Abeba à Pretoria, ce pays voisin a participé à toutes les réunions. La dernière mission de médiation qui était partie à Anjouan le 27 février, son ambassadeur y a participé. On entend maintenant qu'ils suggèrent encore une négociation. Mais rien ne nous dit que Bacar a changé de position. A la dernière mission, il a refusé toutes les offres. Aucune note officielle de l'Afrique du sud ne nous est parvenue pour nous dire qu'ils ont entamé d'autres négociations pour convaincre Bacar. Nous estimons que la mission de la dernière chance a déjà eu lieu et qu'aucune autre négociation n'est possible.

Question : Est-ce que le retrait de l'Afrique du Sud n'est pas dû au fait que la Libye a pris le devant dans le règlement de la crise ?

M.B. Dossar : Non cela n'a rien à avoir. D'ailleurs, la Libye n'a pas pris le devant. Tripoli n'envoie pas de troupes. C'est un pays ami qui soutient l'opération comme il peut. Son soutien consiste en une aide logistique.

Question : Ces dernières 72 heures, l'AND a organisé des incursions à Anjouan. De quoi s'agit-il si ce n'est pas un signe annonciateur du débarquement ?

M.B. Dossar : Je vous l'ai dit au début qu'une opération de cette envergure ne se réalise pas en une seule journée. Il faut des essais et des manœuvres préalables. C'est ce qui se passe actuellement. L'And mène des actions de déstabilisation de l'adversaire. Ces incursions visent à démoraliser les milices rebelles de manière à faciliter l'entrée des troupes le jour venu. Il s'agit aussi de montrer de quoi nos hommes sont capables. L'armée a déjà fait deux percées. Dans ces opérations, il y a eu deux blessés légers. Leur vie n'est pas en danger. L'un est blessé au pied et l'autre a eu une fracture de l'avant-bras touché par une balle. Nos partenaires en sont régulièrement informés.

Question : On parle de responsables politiques arrêtés et transportés à Mwali...

M.B. Dossar : Je ne peux confirmer cette information


notre commentaire: la réponse est diplomatique pour dire que c'est l'AND qui dirigera les opérations , alors qu'on sait davance que les tanzaniens ont d'abord imposés leurs conditions à SAMBI sur leur participation à ce conflit . mais on n'est pas encore arrivé à l'heure du débarquement.....
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