Anjouan voulait abattre l’hélicoptère
“Nous étions sur le point d’abattre l’hélicoptère quand il a chuté.” Cette déclaration émane du porte-parole du gouvernement anjouanais sur les ondes de RFI. Au lendemain de l’atterrissage forcé à Sima, au nord-ouest d’Anjouan, du Robinson R44 Clipper d’Héli Mayotte, parti mardi soir de Pamandzi, les autorités anjouanaises ne sont pas du tout convaincues par les explications fournies par la préfecture de Mayotte. Elles ne croient pas à une simple mission de surveillance dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine.
LE PILOTE TOUJOURS À ANJOUAN
La tension est d’autant plus grande que les premiers militaires mandatés par l’Union africaine (UA) ont commencé à se déployer à Mohéli, en prévision d’une attaque sur Anjouan. La version officielle délivrée par la préfecture de Mayotte fait état d’un décollage à 23h05. Le contact radio aurait été perdu avec l’hélicoptère à 0h40. Mercredi, à 9h30, la préfecture de Mayotte est informée que le Robinson a fait un atterrissage forcé à Sima, que le pilote, le mécanicien et le gendarme sont indemnes, mais que la machine est très sérieusement endommagée. Du côté anjouanais, on confirme les circonstances du sauvetage. Les trois occupants ont regagné la côte à la nage. Ils ont été interrogés au quartier général des forces de gendarmerie d’Anjouan. Des gendarmes anjouanais se seraient rendus à la nage sur l’épave pour y récupérer des pièces. Des trois occupants, seul le pilote est encore à Anjouan. “Il s’est porté volontaire, nous ne l’avons pas arrêté”, indique le porte-parole du gouvernement anjouanais. Le mécanicien et le gendarme ont été autorisés à regagner Mayotte. Même si l’ambassadeur de France aux Comores a démenti, à Mayotte comme à Anjouan nombreux sont ceux qui restent persuadés que cette opération visait à exfiltrer Mohamed Bacar, l’homme fort d’Anjouan, avant l’invasion de l’île
Alain Dupuis