Anjouan: le chef des gendarmes "déterminé à protéger les populations"

Publié le par achaha

MUTSAMUDU (Comores) - Le chef de la Force de gendarmerie d'Anjouan (FGA), l'armée du colonel Mohamed Bacar, a affirmé lundi soir que ses hommes restaient "déterminés" à protéger les Anjouanais, en réaction à la diffusion d'un tract de l'armée comorienne les appelant à rester chez eux en vue de l'invasion.

Dans un message aux Anjouanais, le commandant Ahmed Salim a déclaré au cours d'une conférence de presse à Mutsamudu que "la FGA entend assumer ses missions telles que définies par la loi. Les écoles restent ouvertes, les activités doivent se poursuivre".

"La FGA reste déterminée à protéger les résidents d'Anjouan et à faire respecter toutes les lois en vigueur", a-t-il ajouté.

Selon l'officier, "l'AND (Armée nationale de développement, fédérale) est en train d'outrepasser ses attributions, notamment en faisant agir des forces étrangères contre la FGA".

L'AND a largué lundi des tracts par hélicoptère sur la capitale de l'île d'Anjouan pour avertir la population de Mutsamudu de l'imminence d'une opération militaire devant intervenir "dans les jours ou plutôt dans les heures qui viennent" et conseiller aux résidents de rester chez eux pendant l'intervention, selon un journaliste de l'AFP.

Le tract, en français et en comorien, a provoqué des réactions de joie des habitants dans certains quartiers de la ville, a constaté l'AFP.

Lundi soir, au cours du point de presse, le numéro deux du régime du colonel Mohamed Bacar, le ministre de la Coopération Mohamed Abdou Madi a souligné que "l'AND n'est plus dans sa mission avec ses soldats de fortune", en référence aux contingents soudanais et tanzaniens venus appuyer l'AND pour l'invasion d'Anjouan.

"L'AND est déjà vaincue puisqu'elle est en charge de protéger les Comoriens et prend la responsabilité d'assassiner des Comoriens avec l'appui de Soudanais et de Tanzaniens, de Libyens et de Sénégalais (...) Si les gens viennent pour la paix, ce sera la paix. Mais si c'est pour la violence, alors ce sera la violence", a-t-il ajouté.

Avant l'arrivée du tract, la situation était calme tant au port, le seul en eaux profondes des Comores, qu'à l'aéroport d'Anjouan. Aucune arme n'était visible et les éléments de la FGA semblaient détendus.

Le gouvernement de l'Union des Comores a décidé de lancer une opération pour chasser du pouvoir le colonel Mohamed Bacar, président d'Anjouan depuis 2002, mais dont il n'a pas reconnu l'élection en juin 2007.

L'Union Africaine, qui n'a pas non plus reconnu le scrutin à Anjouan, a décidé de soutenir l'Union des Comores et a mandaté plus de 1.000 militaires tanzaniens et soudanais pour appuyer l'opération. Plusieurs navires ont quitté lundi matin l'île de Mohéli en direction d'Anjouan, avec des centaines d'hommes à bord.

(©AFP / 24 mars 2008 19h42)

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