Des hélicoptères ont largué des tracts comoriens sur l'île rebelle d'Anjouan pour appeler les habitants à rester chez eux, en raison d'un assaut imminent. (Reportage : F. Berruyer)
MORONI - Les autorités des Comores ont largué lundi sur l'île rebelle d'Anjouan, au moyen d'hélicoptères, des tracts appelant les habitants à rester chez eux en raison de l'imminence d'un assaut, a-t-on appris de source militaire à Moroni.
Le gouvernement central du président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi menace depuis plusieurs semaines de lancer cette offensive contre les séparatistes d'Anjouan dirigés par Mohamed Bacar, qui s'est emparé du pouvoir sur la petite île à la suite d'une élection en juin dernier jugée illégale par l'Union africaine (UA).
"Les forces de l'Union africaine sont en mer mais n'ont pas encore envahi Anjouan", a-t-on indiqué de source militaire.
Sur les tracts, signés par l'armée comorienne, on peut lire: "La population est appelée à s'éloigner des zones côtières. L'armée aura recours à toute la puissance de feu dont elle dispose".
Lundi, l'ensemble des liaisons aériennes et maritimes vers Anjouan et l'île voisine de Mohéli, dans laquelle sont stationnés les soldats comoriens et de l'UA, ont été coupées, a indiqué un directeur de cabinet du président comorien Sambi.
Environ 1.350 soldats tanzaniens et soudanais de l'Union africaine (UA) se trouvent aux Comores.
"Les 750 soldats tanzaniens et les 600 soldats soudanais sont maintenant arrivés", a déclaré dimanche soir à Reuters le lieutenant-colonel Normal Mze. Un contingent sénégalais est également attendu dans l'archipel de l'océan Indien.
Malgré le soutien de l'UA au gouvernement de Moroni, l'Afrique du Sud a fait part de ses réserves sur une intervention armée, soulignant qu'une solution négociée était préférable.
Dans l'archipel même, le parti de l'ancien président Azali Assoumani s'est aussi interrogé sur l'opportunité d'une opération militaire, parlant d'"une guerre fratricide dont les motifs ne sont guère convaincants".
Le gouvernement central accuse Bacar de visées sécessionnistes. Ce dernier dément poursuivre un tel but et affirme ne vouloir qu'une plus large autonomie.