Un détenu tanzanien de Guantanamo inculpé d'attentats en Afrique

Publié le par habari

WASHINGTON (AFP) — Le Tanzanien Ahmad Khalfan Ghailani, membre d'Al-Qaïda et détenu à Guantanamo, a été inculpé pour crimes de guerre en raison de son implication présumée dans des attentats ayant visé en 1998 des ambassades américaines en Afrique, a annoncé lundi le Pentagone.

Si les autorités de Guantanamo estiment que les preuves sont suffisantes à l'encontre du présumé terroriste pour le juger, il pourrait être condamné à mort.

Ghailani est accusé par les Etats-Unis d'avoir été impliqué dans les attaques à la bombe contre les ambassades des Etats-Unis en Tanzanie et au Kenya, qui avaient fait 224 morts au total, dont dix Américains, et des milliers de blessés.

Il a été arrêté au Pakistan en 2004 et remis ensuite aux Etats-Unis.

Selon le Pentagone, Ghailani est notamment inculpé de meurtres, d'attaques contre des civils et de soutien matériel au terrorisme dans l'attentat contre l'ambassade américaine à Dar es Salaam qui avait tué onze personnes.

Pour l'attentat de Naïrobi, le Tanzanien aurait fait des repérages de l'ambassade américaine avec l'auteur de l'attentat-suicide, rencontré les personnes l'ayant mis au point et aurait pris comme elles un avion pour le Pakistan le jour de l'attaque.

"Six des neufs inculpations peuvent lui valoir une condamnation à mort", a souligné Thomas Hartman, conseiller juridique auprès des tribunaux militaires de Guantanamo.

Susan Crawford, responsable des procès à Guantanamo, sera chargée d'étudier les preuves soumises par les enquêteurs et de décider si elles sont suffisantes pour organiser un procès.

Le ressortissant tanzanien a rejoint une liste de six autres détenus de Guantanamo, dont le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre Khalid Cheikh Mohammed, qui pourraient être condamnés à mort par un tribunal militaire américain.

Au total, quinze détenus de Guantanamo ont été inculpés à ce jour. Un seul d'entre eux a été jugé via le système controversé des tribunaux militaires spécialement créés par une loi de 2006. Il s'agit du "taliban australien" David Hicks, qui a finalement été renvoyé dans son pays d'origine pour finir de purger sa peine et a été libéré fin décembre 2007.

En 2004, les autorités pakistanaises avaient qualifié la capture de Ghailani de "succès phénoménal dans la lutte internationale contre le terrorisme".

Lors de son arrestation, il était, selon Washington, en train de travailler à la mise au point d'une attaque d'avion par un missile à l'aéroport de Naïrobi ainsi que des attaques contre des institutions financières américaines et contre l'aéroport londonien d'Heathrow.

En octobre 2001, au lendemain du 11-Septembre, quatre membres d'Al-Qaïda avaient été condamnés à mort par un tribunal de New York pour leur participation aux attentats des ambassades américaines de Naïrobi et Dar es Salam.

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