L'ex dirigeant d'Anjouan se dit promis à une mort certaine
L'ancien dirigeant sécessionniste d'Anjouan Mohamed Bacar, assigné à résidence à La Réunion après avoir été chassé du pouvoir la semaine dernière, a affirmé mercredi qu'une "mort certaine" lui était promise s'il était renvoyé aux Comores par la France.
"Une mort certaine m'attend aux Comores. Un de mes beaux-frères a été tabassé et se trouve dans le coma ; mes frères et soeurs sont pourchassés, ils se cachent dans la montagne" a déclaré à Reuters l'ancien homme fort d'Anjouan, à la Réunion depuis le 29 mars.
"Je suis ici pour demander l'asile politique, je préfère la France", a-t-il répondu à une question sur son prochain pays d'accueil.
Mohamed Bacar, 46 ans, s'exprimait en marge d'une audience du tribunal administratif de Saint-Denis de la Réunion, alors que ses avocats mènent une bataille de procédure pour éviter la reconduite à la frontière de leur client et des vingt-deux hommes qui l'ont accompagné dans sa fuite.
Dans la nuit de mardi à mercredi, le préfet de la Réunion avait signé un nouvel arrêté de reconduite à la frontière, élargissant la possibilité d'accueillir les 23 hommes à tout pays où ils seraient légalement admissibles.
"L'administration a reconnu sa grave erreur d'avoir envisagé de renvoyer Bacar aux Comores", a indiqué Me Marie Briot, un des conseil de l'ancien dirigeant anjouanais.
Me Briot a d'autre part annoncé qu'elle déposerait jeudi un recours contre le nouvel arrêté préfectoral, ainsi qu'une demande d'autorisation provisoire de séjour pour son client, en attendant la réponse de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à sa demande d'asile politique.
Bacar et ses hommes sont actuellement hébergés à la base aérienne 181, près de l'aéroport de Saint-Denis, placée sous la surveillance de la gendarmerie.
Quelques manifestants d'origine comorienne s'étaient regroupés mercredi devant le tribunal administratif. "On n'a pas besoin de la France pour juger Bacar", criait l'un d'entre d'eux.
L'armée fédérale aidée de soldats somaliens et tanzaniens a débarqué mardi 25 mars sur la petite île de l'archipel de l'océan Indien et s'est rapidement emparée de l'aéroport et de la capitale.
Bacar a pris la fuite déguisé en femme et s'est réfugié à Mayotte, d'où les autorités françaises l'ont transféré ensuite vers La Réunion.
Le gouvernement des Comores avait promis de renverser le dirigeant sécessionniste qui s'appuyait sur une milice de plusieurs centaines d'hommes et qui contrôlait l'île depuis 2001.
Bacar avait été élu président d'Anjouan lors d'un scrutin non reconnu par les Comores.
(Le Point)