Comores: l'affaire Bacar ne doit pas altérer l'entente avec la France (Sambi)

Publié le par habari

Le président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi a émis le souhait samedi que le sort judiciaire du président déchu de l'île d'Anjouan Mohamed Bacar n'altère pas "l'entente entre les Comores et la France".

 

"Le cas de Mohamed Bacar ne doit pas mettre en danger l'entente entre les Comores et la France", a-t-il dit lors d'un discours radiodiffusé prononcé devant ses partisans dans la capitale de l'île comorienne d'Anjouan, Mutsamudu.

M. Sambi est confiant que "le pays des droits de l'Homme respectera la demande des Comores d'obtenir de juger Mohamed Bacar aux Comores".

Mohamed Bacar, renversé fin mars par une opération militaire de l'Union des Comores appuyée par des troupes mandatées par l'Union africaine, a été écroué vendredi à l'île française de la Réunion à la suite d'une demande d'extradition de la justice comorienne.

L'ancien président, qui dit craindre pour sa vie s'il est renvoyé aux Comores, où la peine de mort est toujours en vigueur, a également déposé une demande d'asile politique.

Le parlement de l'Union des Comores a accusé mercredi la France d'avoir exfiltré Mohamed Bacar vers l'île française de Mayotte pour le soustraire à la justice comorienne.

La fuite de Mohamed Bacar a suscité la colère de nombreux Comoriens, accusant la France, qui a apporté un soutien logistique à l'opération militaire contre Anjouan, de jouer un double jeu.

C'est la première fois depuis le mois de juin que le président Sambi se rendait dans son île natale, où il était interdit de séjour par M. Bacar.

"Ce que les Comoriens n'accepteront pas, c'est que Mohamed Bacar ne soit pas jugé", a ajouté M. Sambi, évoquant un nouvelle fois la possibilité qu'il soit traduit devant la Cour pénale internationale (CPI de La Haye), faute d'un procès aux Comores.

Le président Sambi a également lancé un appel à la fin du séparatisme dans l'archipel: "Au nom des Anjouanais, je dis aux habitants de Mohéli, aux habitants de la Grande Comores et aux habitants de Mayotte et au monde, que nous enterrons aujourd'hui le séparatisme."

L'Union des Comores est secouée par des conflits de compétence entre les trois îles de cet archipel pauvre de l'océan Indien (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli) -- dotées chacune de ses propres institutions -- et l'Etat fédéral.

Mayotte avait décidé de rester française alors que le reste des Comores devenait indépendant en 1975.

Anjouan avait fait sécession en août 1997 de l'ancienne République fédérale islamique des Comores (RFIC) et n'avait rejoint les autres îles dans l'Union qu'en 2001.

Source: Le Monde.fr

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B
Marseille, le 6 Avril 2008<br /> <br /> <br /> Sur l’île d’Anjouan, avec l’aide de la communauté internationale et de l’Union Africaine, on devait assister, paraît-il, au « rétablissement de l’état de droit »… <br /> <br /> En fait depuis le débarquement des troupes, les exactions se multiplient et se confirment…Des tortures ont été exercées dans la prison de Koki contre des familiers de Bacar, par exemple Djafar Salim Allaoui (son ministre de l’intérieur) et contre d’autres supposés proches de l’ancienne Présidence… Cette situation est inacceptable : elle doit être dénoncée par tous les défenseurs des droits humains. Il faut y mettre fin le plus rapidement possible.<br /> <br /> Ces éléments venant s’ajouter à ce que nous décrivions déjà la semaine dernière dans une lettre que nous avons envoyée au Président de la République Française…<br /> <br /> <br /> « Monsieur le Président de la République, membres, à Marseille, de la communauté anjouanaise, ou leurs amis, nous sommes très inquiets des évènements qui se sont déroulés dans la foulée du débarquement des troupes sur notre île.<br /> <br /> Au delà de contester le mode et la forme de la destitution du Président Mohamed BACAR, nous attirons surtout votre attention sur le traitement très partiel et partial qui en a été fait par les médias ici en France, aux Comores mais aussi à l’étranger. Les informations qui parviennent par les voies officielles laissent à croire qu’il n’y eu aucun combat sinon sporadique autour de la maison privée de Mohamed Bacar et que la situation est stabilisée.<br /> <br /> Or, il n’en est rien. Par téléphone, par courriel, des nouvelles alarmantes nous parviennent : nos correspondants font état d’attaque de villages ciblés (Mironsi et Ouani) avec le bombardement et rasage de maisons, de ratissage par les soldats à l’intérieur des domiciles, de tirs sans sommation ayant entraîné des victimes ou au moins, des blessés graves (deux femmes notamment que ces mêmes soldats ont ensuite amené à l’hôpital de Hombo)… Au delà, nous ont été rapportées des agressions physiques et des tortures de la part des militaires sur des personnes considérées comme proches ou partisans de Mohamed Bacar. L’un d’entre eux, connu sous le nom de « Bahagoulam », accusé d’être « pro-français » serait entre la vie et la mort après avoir été humilié et tabassé.<br /> <br /> D’autres ont connu le même sort et seraient retenus arbitrairement notamment dans les cales de bateaux à quai. <br /> <br /> Notre souci serait aussi d’ignorer d’autres éventuelles exactions car des rumeurs persistantes laissent entendre qu’il y aurait eu des morts parmi la population ce que nous ne saurions confirmer en l’état.<br /> <br /> Alors même qu’aucune résistance organisée ne s’est manifestée contre le débarquement, les militaires agissent en terrorisant les gens et en exerçant des violences inacceptables à l’égard de ceux considérés comme les appuis de Bacar ou partisans de la France.<br /> <br /> La France et les Comores sont liées par leur histoire commune dans cette région. Nous vous demandons instamment d’intervenir auprès des autorités compétentes pour rétablir l’état de droit.<br /> <br /> Nous espérons que vous entendrez notre appel et dans cette attente, vous prions de recevoir l’hommage de notre profond respect.<br /> <br /> Bachir DHACKOINE
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