Placé en isolement, Bacar attend
Le colonel Mohamed Bacar, ancien président d’Anjouan, a été placé en cellule d’isolement, hier, au centre pénitentiaire du Port. Incarcéré depuis vendredi, Bacar était menacé par des détenus d’origine comorienne. C’est pour sa sécurité qu’il a été décidé de le placer en cellule. Par ailleurs, le feuilleton Bacar se poursuit cette semaine avec la dernière chance de la défense de l’ex-président : obtenir l’asile politique ou la protection subsidiaire de la France.
DANS UNE SEMAINE
Des agents de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) sont en train de travailler sur le sujet des 23 prisonniers anjouanais. Leur décision devrait être rendue dans une semaine. Si elle est positive, Bacar et ses hommes auront le droit de demeurer sur le sol français, et devraient en toute logique être libérés. En revanche, si l’Ofpra leur refuse ce droit, alors l’arrêté de reconduite à la frontière prise à leur encontre par le préfet devra être mis en application. La décision de l’Ofpra est susceptible d’appel. Mais celui-ci n’est pas suspensif. En d’autres termes, le temps que l’appel soit audiencé, Bacar et ses hommes seront déjà dans l’avion. L’arrêté de reconduite à la frontière prévoit l’accueil par “un pays tiers”. Les négociations continuent entre les prisonniers, la France et les pays envisagés, pour la plupart africains. De là à voir Bacar renvoyé aux Comores, il y a un pas que l’État français n’a pas encore franchi. “Nous n’imaginons pas les voir repartir à Anjouan”, observait hier Marie Briot, l’une de ses avocates.
J.B.