Un projet de recrutement de magistrats étrangers fait polémique aux Comores
APA-Moroni (Comores) Un projet de recrutement de magistrats étrangers dont le projet de loi a été soumis à l'assemblée nationale par le président comorien, Ahmed Abdallah Sambi, fait polémique dans l'archipel.
« Le projet de loi relatif au recrutement de magistrats étrangers est complètement aberrant. Il est actuellement dans un tiroir à l'assemblée. Nous n'allons jamais l'étudier », a déclaré à APA le député Ibrahim Soeuf.
Il y a une semaine, le président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, avait appelé, lors d'une cérémonie dédiée à la libération de l'île d'Anjouan, la population à faire pression sur les parlementaires pour que le projet de loi du gouvernement portant recrutement de magistrats étrangers soit adopté.
« Je vous exhorte à interpeller ces élus sur le sujet car le salut de notre pays passe par l'application d'une justice équitable et impartiale » avait-il dit.
« Ce projet de loi est une atteinte à notre souveraineté. Après plus de trente ans d'indépendance, nous ne méritons pas cela », a réagi l'ancien ambassadeur des Comores en Egypte, Mohamed Ali Dia, aujourd'hui président du Parti national des Comores (PANACO).
Pour le vice-président de l'assemblée des Comores, Ibrahim Mohamed Sidi, il s'agit-là « d'une insulte à notre justice ». Et Sidi de se demander pourquoi le gouvernement comorien veut mettre en doute la compétence de nos magistrats.
« Notre justice a des problèmes de moyens, non de ressources humaines », a-t-il ajouté.
Pour Sidi, la justice et le droit « sont le reflet d'une réalité sociale. Et ces magistrats étrangers ignorent royalement les réalités comoriennes ».
Le chef de l'Etat comorien a toujours dénoncé la corruption qui gangrène aujourd'hui l'appareil judiciaire des Comores. Deux hauts magistrats de la cour d'appel ont été remerciés en janvier dernier pour « corruption ».
Ils ont été suspectés de connivence avec une entreprise de négoce, Nicom, qui avait alors des démêlés judiciaires avec la Banque internationale des Comores (BIC, une filiale de la BNP dont l'Etat comorien est actionnaire).
« Ces magistrats ont été placés sur écoute. Et on a relevé de nombreux entretiens téléphoniques entre eux et la partie Nicom », avait dit le président Sambi pour motiver sa décision de licenciement.
La justice a été l'un des principaux thèmes de la campagne électorale du candidat en mai 2006. Il a toujours dit sa « volonté d'assainir les mœurs judiciaires » des Comores.
Depuis son arrivée au pouvoir, ses opposants ne cessent, cependant, de dénoncer l'interférence du pouvoir politique dans le fonctionnement de la justice.
« Il suffit que la décision d'un juge ne satisfasse pas le pouvoir pour qu'il soit relevé de ses fonctions », a fustigé un opposant au régime, citant le cas de deux autres magistrats rayés du tribunal en janvier 2007.
IM/aft/APA
24-04-2008
« Le projet de loi relatif au recrutement de magistrats étrangers est complètement aberrant. Il est actuellement dans un tiroir à l'assemblée. Nous n'allons jamais l'étudier », a déclaré à APA le député Ibrahim Soeuf.
Il y a une semaine, le président de l'Union des Comores, Ahmed Abdallah Sambi, avait appelé, lors d'une cérémonie dédiée à la libération de l'île d'Anjouan, la population à faire pression sur les parlementaires pour que le projet de loi du gouvernement portant recrutement de magistrats étrangers soit adopté.
« Je vous exhorte à interpeller ces élus sur le sujet car le salut de notre pays passe par l'application d'une justice équitable et impartiale » avait-il dit.
« Ce projet de loi est une atteinte à notre souveraineté. Après plus de trente ans d'indépendance, nous ne méritons pas cela », a réagi l'ancien ambassadeur des Comores en Egypte, Mohamed Ali Dia, aujourd'hui président du Parti national des Comores (PANACO).
Pour le vice-président de l'assemblée des Comores, Ibrahim Mohamed Sidi, il s'agit-là « d'une insulte à notre justice ». Et Sidi de se demander pourquoi le gouvernement comorien veut mettre en doute la compétence de nos magistrats.
« Notre justice a des problèmes de moyens, non de ressources humaines », a-t-il ajouté.
Pour Sidi, la justice et le droit « sont le reflet d'une réalité sociale. Et ces magistrats étrangers ignorent royalement les réalités comoriennes ».
Le chef de l'Etat comorien a toujours dénoncé la corruption qui gangrène aujourd'hui l'appareil judiciaire des Comores. Deux hauts magistrats de la cour d'appel ont été remerciés en janvier dernier pour « corruption ».
Ils ont été suspectés de connivence avec une entreprise de négoce, Nicom, qui avait alors des démêlés judiciaires avec la Banque internationale des Comores (BIC, une filiale de la BNP dont l'Etat comorien est actionnaire).
« Ces magistrats ont été placés sur écoute. Et on a relevé de nombreux entretiens téléphoniques entre eux et la partie Nicom », avait dit le président Sambi pour motiver sa décision de licenciement.
La justice a été l'un des principaux thèmes de la campagne électorale du candidat en mai 2006. Il a toujours dit sa « volonté d'assainir les mœurs judiciaires » des Comores.
Depuis son arrivée au pouvoir, ses opposants ne cessent, cependant, de dénoncer l'interférence du pouvoir politique dans le fonctionnement de la justice.
« Il suffit que la décision d'un juge ne satisfasse pas le pouvoir pour qu'il soit relevé de ses fonctions », a fustigé un opposant au régime, citant le cas de deux autres magistrats rayés du tribunal en janvier 2007.
IM/aft/APA
24-04-2008
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