Halte à la dérive anti-démocratique !!!

Publié le par habari

Halte à la dérive anti-démocratique !!!


REFELEXION: C'EST A VOUS DE JUGER JE VOUS REMERCIE DE VOTRE ATTENTION

La crainte principale qu'on pouvait avoir au sujet du débarquement de la coalition anti-Bacar à Anjouan, concernait bien sûr les pertes et les dégâts civils collatéraux, mais également le choc psychologique que cela pouvait engendrer, ainsi que le renforcement des haines et des rancœurs entre comoriens.
Et le moins qu'on pouvait attendre des autorités de l'Union, suite à la prompte victoire remportée sur le terrain grâce aux renforts de l'UA, c'était qu'elles s'attachent à créer un climat d'apaisement et de sérénité dans un esprit de sagesse, d'équité et de justice.
Nous sommes, malheureusement, au regret de constater que c'est le contraire qui se produit à Anjouan, comme s'il s'agissait d'une vengeance personnelle menée à l'échelle de toute une île.
Nous sommes inquiets de voir dans quelle mesure, le président Sambi a élargi sa cible politique, au-delà des vrais responsables politiques et militaires du régime Bacar, au point qu'on puisse parler de plusieurs centaines de citoyens incarcérés, humiliés, avilis, bafoués, maltraités, brutalisés et même tués, dans un déni total des droits démocratiques élémentaires.
Nous sommes inquiets de voir le président Sambi mettre les hommes de son clan aux postes clés de l'administration locale, en délogeant sinon en réprimant les fonctionnaires en place.
Enfin, nous sommes très inquiets de voir le président Sambi s'engager dans l'organisation d'une véritable mascarade électorale à Anjouan.
La déclaration du président de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) ne laisse aucun doute quant à la paternité de la décision: c'est la volonté affichée du président Sambi de se servir d'un subterfuge juridique pour servir ses intérêts à Anjouan.
L'argument du report des élections présidentielles, pendant une année est injustifiable, il constitue une atteinte intolérable à la loi électorale et à la constitution comorienne :
- D'abord, le report des élections d'Anjouan était d'une semaine : le décret présidentiel reportait les élections présidentielles d'Anjouan du 10 juin au 17 juin 2007 ; de juin 2007 à juin 2008, une année s'est écoulée; ce report en reprenant le contre-pied de la loi électorale (Art 80 « le scrutin se déroule en un seul jour sur toute l'étendue du territoire »,a d'ailleurs donné une base juridique aux récriminations de Mohamed Bacar et aujourd'hui, Sambi est prêt à récidiver de façon encore plus grave, en bafouant complètement la loi électorale de l'Union :
- Les élections doivent être basées sur des « listes électorales qui font l'objet d'une révision annuelle » Article 29 ; à quand remonte le toilettage des listes électorales, quand nous savons les bouleversements sociaux qui ont secoué notre pays depuis plusieurs mois ?
- La CENI doit s'appuyer à Anjouan, sur une Commission Insulaire des Elections (CIE) composée de 7 membres, (cf. Art 48 ) ; où sont ses membres actuellement ? Sachant qu'ils étaient en désaccord avec le président Sambi, va-t-on changer la CIE et laisser tout le reste ?
Concernant la non ouverture des candidatures à ceux qui le souhaitent, nous sommes devant une véritable absurdité qui fait complètement fi de la loi électorale :
- L'ouverture des candidatures est très codifiée et ne peut intervenir qu'après convocation du corps électoral par décret présidentiel du président de l'Union (entre 15 à 20j)-Article 101
- De plus, le maintien de candidatures pendant une année va à l'encontre de plusieurs articles de la loi électorale :
1- Les candidats, pour être éligibles doivent résider sans discontinuer pendant 6 mois dans le pays (Art 9) ; ce qui nécessite, après une année écoulée, l'examen de chaque cas pour vérifier si cette condition a été respectée, pour les candidats retenus.
2- Conformément à l'article 125 de la loi électorale, « les candidats doivent jouir de leurs droits civiques et politiques et de leurs facultés intellectuelles et mentales » ; comment peut-on prouver les aptitudes des candidats retenus par le pouvoir, après onze mois sans réexamen de leur situation ? De quelle sorte d'attestations de casiers judiciaires et de certificats médicaux disposent-ils ? De documents à l'épreuve du temps et des évènements ?
Ce soit disant report est une attaque frontale contre la démocratie et elle porte en germe une glissade vers un régime despotique et autocratique.
Il s'agit dans un premier temps de placer à la tête d' Anjouan, ,un de ses hommes, Moussa Toyib ou Mohamed Djaffar ( 2 sur les 3 candidats) avant de pérenniser son pouvoir dans l'ensemble du pays, en bafouant les institutions et les droits des citoyens.
Ceux qui pensent qu'on peut fermer les yeux, tant que cela ne concerne qu'Anjouan, doivent réfléchir un peu à la dimension de notre président : qu'est-ce qui importe le plus à un homme qui a voué toute sa vie à la prêche de la charia ? N'est-ce pas là sa mission divine que de la réaliser en ce bas-monde ? Quand un président ose affirmer face au lynchage organisé et effectué à Anjouan, par ses militants sur des citoyens, qu'il s'agit de la volonté du peuple, en faisant fi de la loi , cela n'évoque-t-il pas d'autres mœurs en d'autres cieux ?
Si l'on accepte cette aberration de report, alors, que le président Sambi reporte l'élection présidentielle de l'Union en y ajoutant à son mandat les deux ans au cours desquels Bacar a été un obstacle à son pouvoir ! ; Et pour couronner le tout, qu'il reporte le tour de Mohéli, dans la tournante présidentielle, pour qu'il puisse avoir le temps de réaliser tous ses projets...
Il faut se garder de tenter le diable.
Nous lançons un appel pressant à tous les démocrates, notamment de la Grande-Comore, où se concentrent la plupart des états-majors politiques du pays ainsi que l'essentiel des médias pour qu'ils sortent de leur mutisme et prennent le parti de la démocratie et de la justice, pour mettre rapidement le holà à la dérive qui s'installe insidieusement dans notre pays.
La bataille de la démocratie se mène, se gagnera ou se perdra à Anjouan....
A ce jour, seul Idriss Mohamed a eu le courage de prendre position.
Comme le rappelait en d'autres temps, SOS Démocratie, dans un de ses combats de démocratie discriminatoire, citant l'article 21 de la déclaration des droits de l'homme « Toute personne a droit à accéder dans des conditions d'égalité aux fonctions publiques de son pays. »
ZAROUKI Bouchrane
Porte-parole du « Collectif de réflexion sur la vraie unité de la nation »
Pour tout contact : anjouan.infos@free.fr
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article